"Il serait plus facile pour Ethias d'avoir 100% de NRB"

Philippe Lallemand, CEO d'Ethias. ©Frédéric Pauwels / HUMA

Ethias, actionnaire majoritaire du fournisseur de services IT, se verrait bien seul propriétaire. La digitalisation accélérée de l’assurance plaide en ce sens, selon le CEO Philippe Lallemand. Il annonce par ailleurs un plan de simplification de la structure d’Ethias.

Ethias a clôturé le premier semestre sur un bénéfice net de 148 millions d’euros, en progression de 51% sur un an, annonce l’assureur ce mercredi qui vient de fêter son centième anniversaire. Le résultat opérationnel après six mois pointe à 101 millions d’euros, en recul de 8% par rapport à la même période un an plus tôt. Ce sont des plus-values sur cession, en particulier sur la vente du nouveau siège de Deloitte Luxembourg, qui expliquent la progression du résultat net.

Ethias a encaissé un total de primes de 1,48 milliard d’euros de primes sur six mois, dont deux tiers en assurance non-vie. La solvabilité de la maison atteint 174%, contre 181% un an plus tôt.

"Sous la pression des taux"

L’univers financier est et sera sous pression à l’avenir, sans doute plus que d’autres secteurs.

Ethias, qui revient de loin, se félicite de son redressement mais sans excès. "Nous pouvons être fiers de notre redressement depuis la crise de 2008 mais, cela étant dit, il est clair que l’environnement de taux bas que nous connaissons mange de la solvabilité", situe Philippe Lallemand. "L’univers financier est et sera sous pression à l’avenir, sans doute plus que d’autres secteurs."

Le défi vient de la faiblesse des taux d’intérêt, qui impose aux assureurs de remplacer leurs placements venus à échéance par des produits moins rémunérateurs, mais il vient aussi de la digitalisation accélérée de l’activité, insiste Philippe Lallemand. "Le client ne veut plus seulement souscrire en ligne, il veut souscrire en cinq clics, avoir une globale sur son portefeuille, etc. Il est de plus en plus exigeant."

Raison pour laquelle l’entreprise doit s’adapter, estime son patron. "Nous avons lancé un plan ‘Move together’ qui doit nous mener plus loin en termes d’organisation -les départements vont devenir ‘product centric’, d’automatisation des procédures, de maîtrise de la rentabilité et de gestion des données qui sont désormais au cœur de la stratégie de tout assureur", balise Philippe Lallemand.

Moins de hiérarchie

Ce plan impliquera aussi "une forte baisse du recours aux consultants externes" et une réduction des échelons hiérarchiques, "sur le modèle de ce que Johan Thijs a fait récemment chez KBC. Son travail m’a inspiré."

Ethias vaut aujourd’hui 2,5 milliards d’euros, c’est 1 milliard de plus que ce que nos actionnaires ont injecté lors de la crise.
Philippe Lallemand
CEO d’Ethias

Le plan doit rendre l’assureur plus agile, comme le veut "la" grande tendance managériale du moment, mais n’est pas censé réduire l’emploi au-delà de ce qui a été négocié par le passé, avec un objectif de 1.600 équivalents temps plein fin 2020.

Et du côté des actionnaires (État belge, Régions wallonne et flamande détiennent chacun 31%), toujours rien en vue, maintenant que les élections législatives sont derrière nous? "Je ne vais pas me prononcer à leur place mais, je crois pouvoir dire que les relations se sont apaisées et que les 100 millions d’euros de dividendes que nous leur servons annuellement ont toute leur importance", sourit Philippe Lallemand. Au passage, il situe la valeur actuelle d’Ethias à quelque 2,5 milliards d’euros, "soit un milliard de plus que ce que nos actionnaires ont injecté lors de la crise."

À noter au passage, la liquidation prévue de Vitrufin (la structure où se trouvaient les actionnaires) sera entérinée d’ici quinze jours. En conséquence, SFPI, SRIW et PMV seront directement actionnaires d’Ethias (31% chacun), aux côtés d’Ethias Co pour les 5% restants.

100% de NRB

Un mot encore sur NRB, le fournisseur de services IT qu’Ethias détient à 68,4%, aux côtés notamment de Nethys (actionnaire à 12,4%). Philippe Lallemand, qui préside le conseil de NRB, estime qu’à l’avenir "il serait plus facile pour Ethias d’en avoir 100%", compte tenu de la place toujours plus centrale de l’IT dans les métiers de l’assurance mais aussi de la rentabilité de NRB. Selon lui, la firme devrait pouvoir servir 15 millions d’euros de dividendes cette année (10 millions en 2018).

Au passage, Philippe Lallemand redit l’intérêt de NRB pour Win, la filiale IT de Nethys cédée à Ardentia Tech (la structure créée par François Fornieri avec Stéphane Moreau) avant que le gouvernement wallon ne décide d’invalider l’opération dimanche dernier. "Nous sommes toujours intéressés, au nom de la complémentarité entre NRB et Win."


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