ING Belgique voit 45 emplois très qualifiés lui échapper

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Le groupe ING indique qu'une quarantaine d'emplois seront déplacés de Londres vers Amsterdam. Ils devaient initialement atterrir à Bruxelles suite au Brexit.

En janvier dernier, le groupe ING annonçait transférer une quarantaine d'emploi de son département "Marchés financiers" de Londres vers Bruxelles. Une décision qui était motivée par le Brexit. Le Royaume-Uni devenant un "pays tiers", un certain nombre d'activités commerciales liées à l'Union européenne devaient être relocalisées sur le territoire des 27.

"ING a cherché des moyens de poursuivre la réduction des coûts et de faire diminuer le risque de ses opérations."
ING dans un communiqué

Bruxelles avait été le premier choix de la banque pour accueillir ces fonctions, mais le groupe néerlandais a annoncé aujourd'hui son intention de rapatrier ces postes au sein de la maison mère à Amsterdam.

Dans un communiqué diffusé jeudi midi, le groupe ING annonce avoir revu sa décision. "Depuis l'annonce du transfert vers Bruxelles, la crise du Covid-19 a durement frappé le monde. En conséquence, ING a cherché des moyens de poursuivre la réduction des coûts et de faire diminuer le risque de ses opérations", précise la banque. La direction belge de l'établissement a annoncé la nouvelle aux syndicats jeudi matin au cours d'un conseil d'entreprise extraordinaire.

L'enseigne explique sa décision par les frais supplémentaires qu'aurait induit cette délocalisation vers Bruxelles, ajoutant qu'Amsterdam constituait l'emplacement le plus avantageux. Elle ajoute que la capitale néerlandaise dispose déjà d'une organisation de risques efficace qui pourra être mieux exploitée pendant et après le transfert des opérations. Le département Marchés financiers y compte quelque 115 collaborateurs.

"C'est une très mauvaise nouvelle. C'est un service important qui génère beaucoup de revenus."
Pascal Breyer
Délégué SETCa

"Gros impact"

"C'est une très mauvaise nouvelle", estime Pascal Breyer, délégué SETCa. "C'est un service important qui génère beaucoup de revenus. La direction fait passer cela pour une annonce 'normale' sans restructuration, mais cela a quand même un gros impact. Il s'agit d'emplois internationaux très qualifiés."

La décision intervient dans un contexte incertain chez ING Belgique, notamment marqué par l'annonce du départ du CEO Erik Van den Eynden le 30 septembre prochain. Même si celui qui est toujours le patron affirme qu'il s'agit d'une décision personnelle, beaucoup au sein de la banque y voient la marque de la direction néerlandaise qui reprend petit à petit le contrôle sur la Belgique.

Le projet "Unite" qui devait aboutir à l'intégration globale des entités belge et néerlandaise du groupe ING au sein d'une grande plateforme électronique au mois de mai a été discrètement rangé au placard un mois plus tard. Son principal instigateur, Ralf Hamers, CEO du groupe, a quitté Amsterdam pour la banque suisse UBS au début du mois de juillet.

Réductions des coûts

"La Belgique se vide peu à peu de sa substance", estime Pascal Breyer. "On sent que d'autres choses se trament en coulisse et que des annonces importantes vont tomber prochainement. Nous craignons que d'autres services ferment prochainement ou voient leurs effectifs réduits."

D'autres éléments viennent renforcer les inquiétudes des travailleurs. Une septantaine d'agences statutaires demeurent ainsi fermées depuis le début du confinement, tandis qu'un quart des bureaux vont prochainement baisser le volet aux Pays-Bas. Au quartier général belge de la banque, certaines équipes tournent sans manager depuis plusieurs mois. En juin, on avait par ailleurs appris que la banque avait imposé une réduction de prestations et d'honoraires à pas moins de 700 de ses consultants externes.

ING précise que ce transfert n'aura aucune conséquence pour ses clients, ni pour les équipes de vente en Belgique. Des affirmations qui ne seront pas suffisantes pour apaiser les craintes des travailleurs...

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