analyse

ING demande de la patience dans la gestion du dossier anti-blanchiment

©REUTERS

La banque néelandaise s’est expliquée en détail sur les efforts supplémentaires déployés pour éviter d’autres scandales de blanchiment. L’été dernier, ING avait déboursé 775 millions pour éviter des poursuites dans plusieurs affaires de blanchiment. Depuis cette transaction, les dossiers suspects se succèdent.

Ce lundi, le géant bancaire néerlandais s’est expliqué en détail sur les efforts supplémentaires déployés pour éviter de nouveaux scandales de blanchiment. Mais ceux qui espéraient des "excuses" du patron Ralph Hamers sont restés sur leur faim.

Depuis l’été dernier, le groupe ING ne parvient pas échapper à l’atmosphère de scandale, après avoir déboursé 775 millions pour éviter de nouvelles poursuites aux Pays-Bas dans plusieurs affaires de blanchiment. Depuis la transaction monstre, les dossiers suspects se succèdent.

"Nous n’avons pas attendu pour remédier aux problèmes. Mais ce programme doit être mis en œuvre dans 40 pays, ce qui prend du temps."
Ralph Hamers
CEO d'ING

Ainsi, un dossier impliquant les banques russe et lituanienne Troika Bank et Unko Bankas semble avoir d’autres ramifications que suspectées au départ. S’y ajoute le fait que plus tôt dans le mois, la Banque d’Italie (banque centrale italienne) a tapé sur les doigts d’ING, estimant que pendant des années, le groupe n’avait pas pris suffisamment de mesures pour respecter la législation contre le blanchiment d’argent. Tant qu’ING n’aura pas mis de l’ordre dans ses affaires, elle ne pourra plus accepter de nouveaux clients en Italie. Et selon les médias, le groupe pourrait faire l’objet d’une nouvelle enquête judiciaire en Italie.

Il ne faut donc pas s’étonner que les dossiers de blanchiment aient attiré beaucoup d’attention à l’occasion de la journée dédiée aux investisseurs organisée ce lundi par la banque à Offenbach (Allemagne), à proximité de Francfort. ING avait promis de faire le point sur le nouveau plan stratégique lancé en 2016. Mais le groupe a souhaité commencer par clarifier les mesures prises pour renforcer sa politique de lutte anti-blanchiment.

2.500 collaborateurs mobilisés

Depuis qu’en 2016 la justice néerlandaise a demandé à ING de mettre en place un plan d’action pour améliorer sa supervision interne et respecter plus rigoureusement la législation, le CEO Ralph Hamers s’est mis au travail. "Nous n’avons pas attendu pour remédier aux problèmes. Mais ce programme doit être mis en œuvre dans 40 pays, ce qui prend du temps."

ING s’est engagé envers la banque centrale néerlandaise à ce que tous les dossiers de clients suspects soient traités d’ici 2020. Mais pendant la journée des investisseurs, la banque a clairement indiqué que la date butoir interne avait été fixée à la fin de cette année.

En plus d’un certain nombre de changements structurels, entre autres sur le plan de la gestion des risques et du suivi de certains processus, ING compte sur l’amélioration des procédures pour vérifier l’identité de ses clients. Pour cette procédure baptisée "Know your customer", le groupe fait appel à 2.500 collaborateurs qui doivent analyser 8 milliards de transactions par an.

D’autres cadavres dans les placards?

"En Italie, nous n’avons reçu que l’interdiction d’accepter de nouveaux clients. Il n’est pas question d’amende."
Steven Van Rijswijk
chargé de la gestion des risques chez ING

Les analystes ont surtout voulu savoir s’ils devaient s’attendre à d’autres affaires au cours des prochains mois, suite à l’intervention de la banque centrale italienne. "Ce dossier ne doit pas nécessairement être un précédent, a expliqué Steven Van Rijswijk, chargé de la gestion des risques chez ING. Tout comme les autres banques, nous recevons régulièrement la visite des autorités de contrôle. Mais aujourd’hui, les regards sont davantage tournés vers ces dossiers."

Van Rijswijk n’a pas dévoilé ce que coûterait le dossier en Italie. "Nous n’avons rien provisionné. En Italie, nous n’avons reçu que l’interdiction d’accepter de nouveaux clients. Il n’est pas question d’amende. Dans les médias, nous lisons aussi qu’il est possible qu’une enquête judiciaire soit ouverte, mais nous n’avons rien entendu de tel de la Justice italienne, y compris après que nous l’ayons nous-mêmes contactée."

Bonus des banquiers

À l’approche de la journée des investisseurs d’ING, Hamers a tenté de mettre la pression sur les responsables politiques néerlandais qui votent ce mardi à la Deuxième Chambre sur le renforcement des règles en matière de bonus des banquiers. Au début de l’an dernier, le gouvernement de La Haye était monté sur ses grands chevaux après avoir appris qu’ING comptait augmenter de 50% le salaire de son patron. Après le remue-ménage politique provoqué par cette annonce, la banque avait fini par retirer son projet de bonus.

Hamers n’a pas parlé de sa rémunération, mais dans une interview avec le quotidien britannique The Financial Times, il a clairement indiqué qu’il craignait que le renforcement des règles ne constitue un frein pour attirer les banquiers londoniens à Amsterdam après le Brexit. "Si vous pensez qu’une rémunération variable est une manière d’encourager les banquiers, alors Amsterdam n’est pas le premier choix pour ceux qui doivent décider d’une nouvelle implantation", a indiqué Hamers.

Il a insisté sur le fait qu’il comprenait que les salaires des banquiers soient un "sujet sensible" dans la société néerlandaise, ajoutant que si La Haye était seule à restreindre la politique de bonus, cela représenterait un handicap concurrentiel pour le secteur financier néerlandais. "Si vous ambitionnez de créer une union bancaire européenne, il faut un ‘level playing field’."

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