ING empêtrée dans une nouvelle affaire de blanchiment

L'action ING chutait de 8% ce lundi matin après les révélations des FinCEN files. ©ANP

En 2014, la filiale polonaise d'ING a aidé des clients à sortir de Russie de l’argent d’origine douteuse. L’analyste de KBC Securities temporise estimant que, depuis lors, la banque a fait tout ce qui était nécessaire en termes de compliance pour éviter de telles dérives.

Nouveau coup de tonnerre dans le ciel bancaire mondial. Des documents confidentiels américains, les FinCEN files, montrent que des banques ont continué de traiter de l’argent sale à travers le monde entre 2011 et 2017 pour un montant de 2.000 milliards de dollars environ.

L’information, révélée ce week-end par un consortium rassemblant 400 journalistes d’investigation, a pesé à l’ouverture des marchés en Europe. Le secteur bancaire, déjà mal en point depuis le début de l’année avec une chute de 41%, perdait 4,8% en matinée.

À Bruxelles, c’est surtout ING qui a accusé le coup avec un recul de plus de 8%, KBC limitant la casse (-3,5%).

Bank Slaski

Selon le Financieele Dagblad, le quotidien néerlandais des affaires, la filiale polonaise d’ING, Bank Slaski a aidé des clients à faire sortir de l’argent d’origine douteuse hors de Russie, et ce, pendant des années. Cette fuite de capitaux a été orchestrée par deux sociétés néerlandaises obscures clientes de la filiale.

775 millions
d'euros
En 2018, ING a accepté de verser 775 millions d'euros pour solder un litige lié à ses pratiques anti-blanchiment.

L’autorités américaine anti-blanchiment, le Financial crimes enforcement network (FinCEN ) a mis en garde en 2017 dans un rapport confidentiel contre le "Moscow mirror network" qui a été mis en place pour sortir des dizaines de milliards de roubles vers des pays occidentaux.

Cette révélation tombe au plus mal pour la banque batave qui additionne ce genre de dossiers. En 2018, elle a déjà dû verser un montant de 775 millions d’euros aux autorités publiques néerlandaises pour ne pas avoir signalé des transactions inhabituelles ou l’avoir fait trop tard, et cela, pendant plusieurs années. Fin 2019, son nom avait également été cité dans une affaire de blanchiment en Italie.

Une question de réputation

"Ici, il s’agit davantage d’une question de réputation", temporise toutefois Jason Kalamboussis de KBC Securities. ING a mis en place ce qui était nécessaire en termes de compliance (mise en conformité) et c’est d’ailleurs l’actuel CEO, Steven van Rijswijk, qui l’a déployé en tant que responsable de la gestion des risques depuis 2017 souligne l’analyste.

"Nous restons à l’achat sur la valeur depuis que nous sommes fermement convaincus que ce genre de problèmes ont été abordés en profondeur."
Jason Kalamboussis
Analyste chez KBC Securities

"Bien que cela soit embarrassant, cela ne devrait pas empêcher ING d’aller de l’avant." Comme les coûts liés à la compliance ont déjà augmenté au cours des dernières années, cette affaire ne devrait pas les affecter.

"Nous restons à l’achat sur la valeur depuis que nous sommes fermement convaincus que ce genre de problèmes ont été abordés en profondeur, le cas échéant par le nouveau CEO qui a mis en place un cadre de compliance solide", conclut Jason Kalamboussis. Son objectif de cours est fixé à 8,5 euros.

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