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ING réduit les honoraires et le temps de travail de 700 consultants

ING Belgique va appliquer trois mesures d'économies temporaires à ses consultants externes à partir du mois prochain. ©Photo News

La banque orange a décidé d'appliquer des mesures d'économies à l'égard de ses consultants jusqu'à la fin de l'année en raison de la pandémie. Les petits cabinets déplorent de se retrouver devant le fait accompli.

Les représentants syndicaux d'ING Belgique sont inquiets. Depuis plusieurs semaines, des bruits courent dans les couloirs de la banque. La direction envisagerait de nouvelles économies, alors que l'enseigne avait appliqué un important plan de restructuration pas plus tard qu'en 2016, qui prévoit la suppression d'un tiers des postes d'ici la fin 2021.

Si rien n'a percolé de ce point de vue-là pour les employés du groupe, la banque a par contre décidé de sabrer dans ses dépenses au niveau de ses consultants externes. Dans une missive adressée aux cabinets effectuant des missions de conseil entre ses murs, ING explique prendre trois mesures s'appliquant à eux jusqu'à la fin de l'année en raison de la crise économique provoquée par la pandémie.

Tout d'abord, elle limite les prestations des externes à quatre jours et demi par semaine maximum, sans possibilité de prester des heures supplémentaires. Ensuite, elle impose cinq semaines de congé à ceux-ci au cours du second semestre. Enfin, la banque réduit la rémunération de ces consultants de 20%. Ces trois mesures seront en vigueur du 1er juillet prochain au 31 décembre.

Mesures difficiles

"Nous sommes conscients que ces mesures ne sont pas évidentes, mais nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir l'emploi des collègues externes, compte tenu de la situation économique actuelle."
Safia Yachou
Porte-parole d'ING

Ces dispositions frappent indistinctement tous les conseils collaborant avec ING, qui sont actuellement quelque 700, ce qui va inévitablement ralentir l'aboutissement de plusieurs projets. Le plus emblématique de ceux-ci est certainement "Unite Be+Nl" qui devait intégrer les entités néerlandaise et belge du groupe au sein d'une seule plateforme.

Contactée par L'Écho, la banque confirme ces décisions. "ING doit s'adapter à la situation économique incertaine afin d’assurer sa solidité en tant qu’institution financière", répond l'établissement. "Nous sommes conscients que ces mesures ne sont pas évidentes, mais nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour garantir l'emploi des collègues externes, compte tenu de la situation économique actuelle."

"Je n'exclus pas que les mesures qui sont imposées maintenant soient une manière de ralentir davantage le projet Unite, de manière à laisser la possibilité à la banque de prendre une autre direction plus tard", estime une personnalité de l'enseigne. Dans ce cas, elle fait référence au départ de Ralph Hamers, le futur ex-CEO du groupe qui prendra les rênes de la banque suisse UBS dès le mois prochain.

Les "petits" sans défense

"Les petits cabinets ont moins de possibilités de se défendre, et cela peut représenter un gros manque à gagner pour certains indépendants dont les tarifs n'ont pas grand-chose à voir avec ceux que peut appliquer le Big Four."
Un consultant touché par les mesures d'économies

La nouvelle a évidemment fait grincer quelques dents parmi ces cabinets. "C'est hallucinant! Nous travaillons avec les quatre grandes banques belges et c'est la seule qui agit de la sorte", fulmine un consultant. "Certains projets doivent déjà être menés en sous-effectif", explique-t-il. "Ils sont parfois planifiés de longue date et on va maintenant les déprioritiser sans même demander l'avis du manager responsable en interne."

Si les quatre mastodontes de l'audit et du conseil que sont Deloitte, EY, KPMG et PwC auront peu de problèmes à poursuivre leurs activités dans ce cadre, il en va tout autrement des plus petites structures, qui ont subi de plein fouet les conséquences du confinement sur leurs activités. Celles-ci n'entendent d'ailleurs pas céder aussi facilement. "C'est une démarche très cavalière", tonne un autre conseil. "Les petits cabinets ont moins de possibilités de se défendre, et cela peut représenter un gros manque à gagner pour certains indépendants dont les tarifs n'ont pas grand-chose à voir avec ceux que peut appliquer le Big Four."

Il est dès lors plus difficile pour un cabinet de taille moyenne de s'opposer à ces dispositions, car il sait également qu'il risque de ne pas être reconduit pour une nouvelle mission à l'avenir. "C'est une forme de pression implicite", estime l'un de nos interlocuteurs.

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