ING placé sous la curatelle de la justice et du fisc

©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

La banque néerlandaise ING est mise en cause dans le cadre de plusieurs affaires pénales. Et ce à la suite de versements louches d’argent sur des comptes de la banque.

L’étau de la justice se resserre autour d’ING . Dans de sales draps pour être impliquée dans plusieurs affaires de corruption et blanchiment d’argent, comme elle l’a révélé, la banque néerlandaise est plus que jamais sous la coupe du parquet et du fisc néerlandais.

À l’origine des déboires d’ING, plusieurs versements louches d’argent sur des comptes de la banque – le "dossier Houston", selon la terminologie des services de l’administration. L’un des dossiers sujet à caution concerne le versement de sommes à la fille du président ouzbek en regard de conclusion d’accords entre entreprises de télécoms. En clair, un scandale de corruption ayant fait l’objet d’un procès aux Pays-Bas et aux États-Unis. Il y a aussi l’affaire Dos Santos mettant en cause le blanchiment d’argent sale lié au secteur des casinos dans les Antilles. La bonne foi d’ING pour dénoncer des transactions à temps serait notamment mise en cause.

Autre dossier à charge: le réseau organisé d’évasion et de fraude fiscale à partir d’un trust financier opaque établi à Amsterdam et dont auraient bénéficié des dizaines d’entreprises européennes. "Ces affaires sont l’illustration d’une politique défaillante en matière d’intégrité", avait indiqué en avril 2017 un porte-parole des services de répression des fraudes du parquet néerlandais. Reste qu’à l’issue de leur longue enquête ayant fait toute la lumière sur ces affaires, la justice et les services fiscaux cherchent à garder la mainmise sur la marche des affaires au sein d’ING. La mise en place d’une telle procédure de "monitoring" s’avère pour le moins inhabituelle aux Pays-Bas, selon Het Financieele Dagblad, à l’origine de ces révélations.

Pas de "cadavres"

En procédant de la sorte, les autorités prennent toutes leurs précautions. Elles entendent passer au peigne fin les portefeuilles de la banque afin de s’assurer qu’aucun autre "cadavre" n’est encore suspendu dans les placards. La mesure va aussi permettre aux autorités de fixer le montant de la transaction qu’ING va devoir débourser pour mettre fin aux poursuites.

Seul le paiement de cette lourde facture lui permettra d’éviter un long procès au pénal risquant de porter atteinte à son image. La banque orange n’a pour l’instant pas réagi à ces nouvelles révélations. Mais elle avait déjà anticipé voici plusieurs mois que ces affaires auraient une "influence significative" sur les résultats. Lors de la présentation de ses résultats annuels en janvier dernier, ING a indiqué qu’un nouveau point de la situation interviendrait ce semestre.

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