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Jens Weidmann quitte la présidence de la Bundesbank

Le président de la Bundesbank, en poste depuis mai 2011 et âgé de 53 ans, a dit démissionner pour "raisons personnelles". ©REUTERS

Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a annoncé qu'il quitterait ses fonctions en fin d'année, après dix ans à la tête de l’institution, et en pleine incertitude sur l’avenir de la politique monétaire européenne.

Jens Weidmann, l'un des membres les plus conservateurs du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), quittera la présidence de la Bundesbank le 31 décembre prochain, a annoncé mercredi la banque centrale allemande.

Le président de la Bundesbank, en poste depuis mai 2011 et âgé de 53 ans, a dit démissionner pour "raisons personnelles".

Critique de longue date de la politique accommodante de la BCE, il n'en a pas moins réitéré ses mises en garde sur les risques inflationnistes dans un message relayé par la Bundesbank.

Mise en garde

"Je suis parvenu à la conclusion que plus de dix ans est une bonne période de temps pour tourner une nouvelle page - pour la Bundesbank et aussi pour moi personnellement", a-t-il dit.

"Il sera capital de ne pas se focaliser uniquement sur les risques de déflation, mais aussi ne pas perdre de vue les potentiels dangers inflationnistes."
Jens Weidmann
Président de la Bundesbank

Jens Weidmann, qui s'était opposé en juillet dernier à la décision de la BCE de maintenir des taux bas pour une période prolongée et de soutenir l'économie de la zone euro jusqu'à ce que l'inflation se stabilise durablement à 2%, a conseillé à l'institution de rester vigilante face au risque d'une augmentation des prix trop rapide.

"Il sera capital de ne pas se focaliser uniquement sur les risques de déflation mais aussi ne pas perdre de vue les potentiels dangers inflationnistes", a-t-il souligné.

La hausse des prix de l'énergie et des services a porté l'inflation dans la zone euro à 3,4% en rythme annuel en septembre, a déclaré mercredi Eurostat, et la hausse des prix de base s'est elle aussi accélérée mais plus modérément.

Dans un communiqué, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a dit respecter la décision de Jens Weidmann tout en ajoutant "regretter immensément" son départ.

Peter Praet se dit surpris

Peter Praet, l'ancien chef économiste de la BCE, est surpris par ce départ qui n'est peut-être pas étranger à l'arrivée d'une nouvelle coalition à la tête de l'Allemagne qui sera plus à gauche avec les Verts et les sociaux-démocrates du SPD alors que Weidmann avait été nommé par Angela Merkel (CDU) pour laquelle il avait d'ailleurs travaillé. Sans oublier que les banques centrales ont vu leur rôle sensiblement s'élargir au cours des dernières années (achat d'obligations d'État, discussions sur le climat...) alors que Weidmann est plutôt un banquier central traditionnel.  "J'ai beaucoup de respect et d’amitié pour Jens. Une personne de grande correction. J’ai toujours apprécié nos échanges sur la situation économique, en dépit de nos divergences. La diversité d’opinions est un élément essentiel au bon fonctionnement de la BCE". Peter Praet exprime toutefois un reproche: "J’aurais aimé qu’il présente de façon plus neutre les décisions de politique monétaire auprès du public allemand, ce qui ne l’aurait pas empêché d’expliquer pourquoi il avait une vue différente".

"On ne peut s’empêcher de penser que la perspective de changements importants dans la politique économique de l’Allemagne a joué un rôle dans sa décision."
Peter Praet
Ancien chef économiste de la BCE

"Il quitte pour des raisons personnelles qu’il faut respecter: le métier de banquier central demande beaucoup de sacrifices personnels, beaucoup d’absences familiales" dit Praet. "Néanmoins, on ne peut s’empêcher de penser que la perspective de changements importants dans la politique économique de l’Allemagne a joué un rôle dans sa décision. Il n'est pas sûr qu'il aurait quitté son poste si la CDU-CSU avait remporté les élections allemandes. Sans doute aussi que l’évolution des banques centrales depuis une dizaine d’années ne correspondait plus à sa vision."

Le successeur de Jens Weidmann sera nommé par le gouvernement allemand. Parmi les noms évoqués figurent ceux de son adjointe actuelle, Claudia Buch, des économistes Volker Wieland, Marcel Fratzscher, Lars Feld et Lars-Hendrik Röller, ainsi que l'économiste en chef de la Bundesbank, Jens Ulbrich. Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, est également citée.

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