Johan Thijs (KBC) propose de favoriser davantage de produits d'épargne

Johan Thijs, CEO de KBC ©BELGA

"Pourquoi le compte épargne est-il fiscalement favorisé alors que son rendement réel est négatif?", s'est interrogé Johan Thijs jeudi lors de la présentation des résultats trimestriels de KBC. Le CEO du bancassureur propose que ce soit le client qui décide sur quel produit d'épargne il souhaite obtenir un avantage.

La semaine passée, le CEO d'ING Belgique Erik Van Den Eynden réitérait une proposition faisant des émules dans le secteur bancaire: un taux de 0% pour les carnets d'épargne. Alors que les taux directeurs sont négatifs, le minimum légal de 0,11% applicable aux comptes d'épargne n'est plus tenable, avait-il soutenu.

Invité à réagir à cette demande, Johan Thijs a préféré ouvrir un nouveau front: il propose de ne plus limiter l'avantage fiscal au seul compte d'épargne

On privilégie un produit déficitaire, par lequel le client perd du pouvoir d'achat. Quelle bizarrerie!
Johan Thijs
CEO de KBC

En Belgique, les premiers 980 euros d'intérêts d'un compte épargne ordinaire sont exonérés du précompte immobilier. Cela étant, avec un taux minimum de 0,11% alors que l'inflation navigue entre 1,5 et 1,6%, le livret affiche un rendement négatif. "On privilégie un produit déficitaire, par lequel le client perd du pouvoir d'achat", a-t-il pointé. "Quelle bizarrerie! J'invite les politiques à se pencher là-dessus, en étendant l'exonération à d'autres produits, comme par exemple les fonds d'investissement."

Son plaidoyer vise à offrir plus de latitude au client dans la manière de gérer son argent. "Il faut donner cette possibilité. Si j'ai 100 euros à placer et que je veux en mettre 70 sur un compte épargne et les 30 restants dans un fonds ou dans un autre produit, cela ne se passe pas de la même manière fiscalement", a-t-il déploré. Johan Thijs estime par ailleurs qu'il serait normal que certains produits plus risqués ne puissent pas bénéficier de cette exonération, il suffirait de définir lesquels.

Taux d’intérêt | Les banques préviennent

En dépit d’un environnement de taux d’intérêt bas en vigueur depuis plusieurs années, les banques européennes arrivent vaille que vaille à maintenir leurs résultats à un niveau plutôt élevé. Elles le doivent pour beaucoup à la hausse des encours de crédits octroyés.

Même si le coût du risque pour les banques a augmenté, jusqu’à présent, cette activité s’est déroulée dans l’ensemble sans trop d’encombres, alors que les taux bas rendent les emprunteurs plus solvables. Cela dit, les revenus d’intérêt ont généralement baissé. De 6,6% par exemple chez BNP Paribas Fortis au 2e trimestre, "du fait de l’impact de l’environnement de taux bas", affirme la banque.

Il y a deux semaines, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), avait laissé sous-entendre que le taux de dépôt actuellement fixé à -0,4% et appliqué aux liquidités excédentaires des banques, pourrait encore être abaissé.

De Deutsche Bank à UniCredit, les responsables de la plupart des institutions financières de la zone euro affirment qu’une nouvelle réduction des taux d’intérêt rendra encore plus difficile la réalisation de leurs objectifs de résultats. Pour déjouer cette perspective, ING par exemple cherche à s’activer en dehors de la zone euro.

Autre élément qui pèse sur les affaires, les banques paient quelque 7 milliards d’euros par an à la BCE sur les liquidités déposées auprès d’elle au-delà des niveaux minimaux requis. Déboursé à hauteur de 58% par les banques allemandes et françaises – la part des banques belges est de 355 millions –, ce montant atteindrait 8,8 milliards d’euros si le taux de dépôt était abaissé à -0,5%.

Plusieurs banques en Allemagne ont déjà dit qu’elles introduiraient des taux d’intérêt négatifs, si la BCE baissait son taux de dépôt. Commerzbank évalue qu’un repli de ce taux à 0,5% amputerait ses revenus de prêts de 50 millions d’euros. Jusqu’à présent, la banque a compensé le coût des taux négatifs en prêtant davantage, en facturant les dépôts des entreprises et en réduisant les coûts de financement.

 

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect