Johan Thijs rempile pour trois années de plus à la tête de Febelfin

Johan Thijs CEO de KBC rempile jusque fin 2023 chez Febelfin. ©jonas lampens

Johan Thijs, le CEO de KBC, voit son mandat prolongé de trois ans comme président de la fédération du secteur financier. Une rupture dans la tradition qui veut que les quatre grandes enseignes se partagent le poste à tour de rôle.

Johan Thijs va prolonger son mandat comme président de Febelfin. Arrivé en 2017, il demeurera aux commandes de la fédération sectorielle jusque fin 2023. Il brise ainsi la tradition qui veut que les grandes banques occupent la présidence de la coupole à tour de rôle.

Début 2017, le CEO de KBC avait ainsi pris le relais de Rik Vandenberghe, qui avait alors annoncé qu'il quittait ING Belgique pour prendre la tête du groupe de construction Besix.

60.000
emplois
Le secteur financier représente quelque 60.000 emplois directs en Belgique.

En principe, le mandat de Johan Thijs arrivait à terme en cette fin d'année. En fonction du principe de rotation, le poste devait échoir à Belfius, mais les administrateurs de Febelfin ont décidé de mettre fin à cette procédure. Dans la même logique, Dirk Wouters, l'actuel vice-président de la fédération et par ailleurs CEO de la banque Van Breda, voit également sa mission prolongée de trois ans.

En tant que président de Febelfin, Johan Thijs est le premier représentant du secteur bancaire du royaume. La coupole réunit pas moins de 250 institutions financières pesant près de 60.000 emplois directs. C'est dans cette fonction que le Limbourgeois a joué un rôle de premier rang aux côtés des pontes de la Banque nationale et des différents exécutifs pour notamment ficeler les moratoires sur les crédits pour les ménages et les entreprises frappés par le coronavirus ou le plan de soutien à l'économie belge.

Empreinte profonde

Il doit également négocier avec les autorités dans d'autres dossiers, par exemple celui de la taxe bancaire qui hérisse les grandes enseignes et plus particulièrement encore les "petites" banques. Il pourrait s'agir d'une des raisons pour lesquelles la tournante a pris fin. Belfius, qui devait reprendre le flambeau, est en effet détenue à 100% par l'État fédéral.

Les insiders du secteur estiment que Johan Thijs a déjà marqué la fédération de son empreinte. Fin 2017, quand Karel Van Eetvelt, actuellement homme fort du Sporting d'Anderlecht, est devenu CEO de Febelfin, ce transfert portait déjà le sceau de Thijs, incitant certains à parler d'un "putsch de KBC" sur l'organisation. La gestion quotidienne de la coupole est confiée à Karel Baert depuis le mois de mars.

Les banques belges vivent une période tourmentée. La crise économique générée par le coronavirus risque de se transformer en une vague massive de défauts de crédits. Le secteur doit par ailleurs apporter une réponse satisfaisante à la numérisation galopante et aux réglementations de plus en plus strictes. Les récents scandales de blanchiment d'argent ont ainsi poussé Febelfin à proposer une plateforme commune sur laquelle les banques et les autorités peuvent échanger des données relatives à la fraude.

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