KBC aborde la seconde vague confiante

Johan Thijs, le CEO de KBC, présente le nouvel assistant intelligent qui sera intégré dans l'application mobile.

Le bancassureur affiche des résultats solides au troisième trimestre et poursuit sa métamorphose en une société de plus en plus numérique.

KBC ne connaît pas la crise. Le bancassureur a réalisé son meilleur trimestre de l'année avec un résultat net de 697 millions d'euros, surpassant largement les prévisions des analystes qui tablaient sur un peu plus de 600 millions d'euros. Pour la Belgique seule, le résultat net s'élève à 486 millions d'euros.

Les revenus nets d'intérêts ont diminué de 4% en rythme annuel, mais augmenté de 4% en glissement trimestriel . Une progression qui peut notamment être attribuée au programme de prêts ciblés TLTRO III de la Banque centrale européenne.

7,7
milliards d'euros
KBC a octroyé 7,7 milliards d'euros de reports de remboursements de crédits en Belgique.

La production de crédits a gonflé de 4% en rythme annuel, pour atteindre 158 milliards d'euros. KBC précise qu'elle a accordé un montant total de 13,7 milliards d'euros de reports de paiements de crédits dans ses six marchés domestiques. Quelque 7,7 milliards d'euros concernaient uniquement la Belgique, ce qui représente environ 7% de son portefeuille de crédits.

KBC a par ailleurs octroyé environ 583 millions d'euros de crédits dans le cadre des systèmes de garantie publique liés à la pandémie, dont 261 millions à destination des PME. Un montant qui semble restreint, alors que l'accord intervenu entre le gouvernement fédéral et les banques du royaume englobe un montant de 50 milliards d'euros avec une durée de garantie qui a été étendue à trois ans.

"Cette enveloppe sera nécessaire à la fin de l'année et au début de l'année prochaine", estime Johan Thijs, le CEO du groupe. Il a une nouvelle fois répété que le véritable impact de la crise ne se fera sentir qu'à partir de l'année prochaine, lorsque la plupart des mesures de soutien engagées par les différents niveaux de pouvoir s'éteindront progressivement.

Coût du risque

Au deuxième trimestre, KBC avait constitué des provisions pour un montant total de 845 millions d'euros pour faire face aux réductions de valeur sur crédit potentielles dues à la crise. Entre juillet et septembre, ce coût du risque n'a atteint que 52 millions d'euros, et le CEO estime qu'une centaine d'euros supplémentaires environ seront nécessaires pour les trois derniers mois de l'année. Le bancassureur n'a pas modifié ses prévisions quant au coût de la crise, qu'il évalue dans son chef à 1,1 milliard d'euros.

"Sur base de ce que je vois maintenant, je ne pense pas que les prochains mois seront fondamentalement différents. D'un point de vue économique, cette seconde vague devrait mieux se passer que la première."
Johan Thijs
CEO KBC

"Nous restons pour l'instant sur notre scénario de base, car nous avions déjà tenu compte de flambées occasionnelles des infections et de reconfinements partiels", a expliqué Johan Thijs.

Dans l'éventualité pessimiste où un confinement strict comme celui survenu en mars devrait se présenter à nouveau, les pertes de crédit pourraient atteindre 1,6 milliard d'euros.

Parmi les signaux positifs, Johan Thijs pointe le fait que 99,5% des clients belges qui avaient demandé un moratoire sur le remboursement de leurs crédits ont repris leur paiement à la fin de la mesure. "Sur base de ce que je vois maintenant, je ne pense pas que les prochains mois seront fondamentalement différents. D'un point de vue économique, cette seconde vague devrait mieux se passer que la première."

Une entreprise "data-driven"

KBC a également profité de la journée de jeudi pour présenter plus en détail sa nouvelle assistante intelligente Kate, qui sera intégrée dans l'application mobile des clients belges à partir du 1er décembre prochain. Pour son lancement, Kate disposera de quatorze fonctionnalités, et Johan Thijs a promis que deux nouveaux outils au minimum seraient ajoutés chaque mois.

"Les données sont la nouvelle électricité."
Johan Thijs
CEO KBC

L'entreprise met régulièrement en avant les investissements réalisés dans sa transformation numérique et affiche avec fierté les classements établis par des sociétés de consultance qui font de son application mobile une des meilleures en Europe. Elle espère se démarquer plus encore par ce nouveau produit qui, via l'assistance vocale, doit "faciliter proactivement la vie de (ses) clients", alors que les fintechs et les néobanques investissent de plus en plus le marché belge.

"Les clients veulent qu'on anticipe leurs questions", estime Johan Thijs, pour qui "les données sont la nouvelle électricité". En annonçant qu'elles constitueront sa "force motrice", KBC se mue presque en fintech. Le patron du groupe a d'ailleurs indiqué qu'il n'excluait pas de procéder à des acquisitions de start-ups dans un avenir relativement proche.

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