KBC acte déjà 845 millions de pertes de valeur sur ses crédits

Malgré une crise sanitaire pesant sur les résultats, KBC n'abandonne pas sa mue digitale. ©BELGA

Le groupe KBC note pour le deuxième trimestre un bénéfice largement amputé, notamment à cause de l'impact de la crise sanitaire sur la valeur de son portefeuille de crédits. Le groupe estime que pour l'année, ce dernier devrait se déprécier entre 800 millions et 1,6 milliard.

Les mesures prises pour éviter la propagation de la pandémie et les répercussions économiques continuent d'affecter le groupe KBC . Son CEO affirme toutefois que sans la crise sanitaire, l'activité reste saine et en croissance.

845
millions d'euros
Au 2e trimestre, le résultat net de KBC a été affecté par quelque 845 millions d'euros de réductions de valeur sur crédits.

Le bancassureur fait état pour le deuxième trimestre d'un bénéfice net fortement amputé de 210 millions d’euros contre 745 millions en 2019. Par action, le résultat net ressort à 0,47 euro contre 1,76 euro un an auparavant.

L'activité belge contribue à hauteur de 204 millions au bénéfice, contre 77 millions pour la Tchéquie alors que les marchés internationaux (Hongrie, Bulgarie, Slovaquie et Irlande) accusent une perte de 45 millions.

Prudence face au portefeuille crédits

Le résultat du groupe a été affecté par quelque 845 millions d'euros de réductions de valeur sur crédits, "pour l'essentiel imputable aux conséquences économiques potentielles de la crise du coronavirus", lit-on dans un communiqué.

Lors d'une conférence téléphonique, Johan Thijs, CEO, a toutefois expliqué que pour l'heure, le groupe ne faisait pas face à des défauts de paiements. "Mais quand on s'attend à des défauts, il faut les anticiper."

Le groupe qui avait ainsi annoncé au 1er trimestre constituer une provision de plus d'un milliard, a, à ce jour, déjà comptabilisé 966 millions de cette somme dans ses comptes. Selon les scénarios d'optimiste à pessimiste pris en compte dans les modèles de KBC, les réductions de valeurs sur crédit s'établiront entre 800 millions et 1,6 milliard.

Notons également que KBC acte 12 millions d'euros liés aux mesures prévues en Belgique pour soulager les consommateurs et les entreprises dans le remboursement de leurs crédits.

Sauvé par les revenus de trading

Pour le trimestre en revue, le groupe KBC note des revenus passant en légère hausse à 2,04 milliards d'euros. Ils ont bénéficié d'un redressement des revenus à la juste valeur et de trading qui avaient fortement reculé au 1er trimestre.

A contrario, les revenus nets d'intérêts sont en recul de 4% sur base annuelle. Une diminution attribuée à la baisse des taux d'intérêt en République tchèque, de la dépréciation de la couronne tchèque et du forint hongrois par rapport à l'euro, de la faiblesse générale des revenus de réinvestissement et de la pression exercée sur les marges de crédit des portefeuilles dans la plupart de nos pays stratégiques . Les revenus nets de commission se tassent de 10% .

KBC poursuit sa maîtrise des coûts (-8% hors taxe bancaire). "Nos mesures rigoureuses de compression des coûts ainsi que les réductions de coûts supplémentaires annoncées lors de la publication des résultats du premier trimestre ont contribué à réduire nos charges d'exploitation."

Prévisions maintenues

"Nous confirmons nos prévisions pour l'exercice complet 2020, c’est-à-dire une estimation de 1,1 milliard d'euros de réductions de valeur sur crédits. Comme prévu, les revenus nets d'intérêts et les revenus nets de commissions ont baissé au deuxième trimestre, tandis qu’au même trimestre, les résultats de l'assurance non-vie sont ressortis à un très solide niveau, tout comme les ventes dans notre activité d'assurance vie."

Pour l'ensemble de l'année, KBC mise sur des revenus nets d'intérêts de quelque 4,4 milliards d'euros.

Respectant la volonté de la BCE, KBC affirme qu'il ne versera aucun dividende intérimaire en novembre prochain.

Transformation numérique

"63% de nos clients en Belgique sont 100% 'digital' mais pour leurs contacts avec la banque."
Johan Thijs
CEO de KBC

Johan Thijs insiste enfin sur le fait que malgré cette crise sanitaire, le groupe n'a pas abandonné sa mue digitale. La crise sanitaire et le confinement qui en a découlé a montré une explosion du recours à la banque digitale. "63% de nos clients en Belgique sont 100% 'digital' mais pour leurs contacts avec la banque". Le CEO entend communiqué sur sa stratégie numérique mi-novembre.

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