KBC poursuivie pour blanchiment d'argent

©Lieven Van Assche

Le parquet de Flandre-Orientale poursuit la banque et le groupe KBC pour avoir aidé une famille d’entrepreneurs de Lokeren à blanchir de nombreux millions d’euros.

L'affaire de blanchiment impliquant la KBC est portée devant le tribunal correctionnel de Gand. Outre la banque, la Justice poursuit également des membres de la famille Engels et leur avocat-fiscaliste. Les personnes accusées sont les dirigeants de l’entreprise, à savoir Didier (42 ans) et Christophe (44 ans) Engels, leur jeune frère Cedric (32 ans) et leur mère.

La famille Engels a commencé, il y a une douzaine d’années, à rapatrier des millions d’euros d’argent noir qu’elle dissimulait jusqu’alors en Suisse. Dans notre pays, les fonds occultes ont atterri sur des comptes que la famille détenait chez KBC.

"KBC est convaincu de n’avoir commis aucun délit et réserve sa défense au tribunal." Viviane Huybrecht

La famille avait effectué une régularisation fiscale de l’argent noir avant de le rapatrier. La fille du fondateur aurait payé à cet effet des impôts et des amendes sur l’intégralité de sa part des fonds dissimulés. Mais son frère, Hugo, s’en serait abstenu et en aurait donc blanchi une grande partie, selon le parquet. Il est décédé en 2007. Par la suite, des millions d’euros ont continué à revenir de Suisse. Les faits visés par la Justice concernent donc une période qui s’étend de 2006 à aujourd’hui.

Le groupe KBC est poursuivi comme coauteur parce que, selon le parquet, une sonnette d’alarme aurait dû retentir en son sein lorsque la banque a réceptionné les millions en provenance de Suisse. La banque n’a en effet pas signalé les éventuels faits de blanchiment. "KBC est convaincu de n’avoir commis aucun délit et réserve sa défense au tribunal , a réagi la porte-parole de KBC, Viviane Huybrecht. À l’époque, le dossier avait été évalué et traité en profondeur par des experts au sein de KBC sur la base des informations dont KBC disposait à ce moment-là. Pour KBC, il existait en effet suffisamment d’éléments pour conclure à l’absence de soupçon de blanchiment. Tels que l’information au sujet de la régularisation fiscale que les clients avaient effectuée, la déclaration de l’avocat des clients, les transmissions de patrimoine transparentes, etc. "

"Par respect pour le tribunal et les autres parties, KBC ne souhaite pas commenter publiquement le contenu du dossier ", a ajouté la porte-parole. La porte-parole du parquet, An Schoonjans, s’est contentée pour sa part de confirmer que le tribunal correctionnel sera saisi d’une affaire de blanchiment dans laquelle "une famille" est citée, aux côtés de KBC et d’un "conseil de la famille". 

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