KBC prévient: les défauts de paiement interviendront plus tard

©EPA

Le bancassureur belge n'est pas encore confronté à des incapacités massives de remboursement, mais estime que l'on y verra clair qu'au début de l'année prochaine.

La crise n’en est qu’à ses débuts. Si KBC s’en sort particulièrement bien à l’issue de ce deuxième trimestre, son patron Johan Thijs estime que les effets de la pandémie sur l’activité économique ne pourront pas être correctement évalués avant le début de l’année prochaine.

Le bancassureur a enregistré un résultat net de 210 millions d’euros entre avril et juin, là où les analystes tablaient en moyenne sur 153 millions d’euros. Il s’agit néanmoins d’une chute de 72% par rapport à la même période l’an passé. Au premier trimestre, l’institution avait essuyé une perte de 5 millions d’euros, notamment imputable à la comptabilisation de la taxe bancaire au début de l’année.

L’un des indicateurs les plus attendus était le montant des réductions de valeur sur crédits. Pour ce deuxième trimestre, KBC a déjà acté un montant de 845 millions d’euros dans cette colonne, après une somme de 121 millions d’euros sur les trois premiers mois de l’année.

Estimations stables

L’enseigne n’a cependant pas encore revu ses estimations pour l’ensemble de l’année. Selon les scénarios d'optimiste à pessimiste pris en compte dans les modèles de KBC, les réductions de valeurs sur crédit s'établiront entre 800 millions et 1,6 milliard. Des projections qui sont évidemment sujettes à caution en fonction des potentielles nouvelles vagues de contamination.

Johan Thijs a toutefois expliqué que pour l'heure, le groupe ne faisait pas face à des défauts de paiements. "Mais quand on s'attend à des défauts, il faut les anticiper."

"On commence seulement à voir les premiers effets de la crise."
Johan Thijs
CEO de KBC

Le CEO appréhende particulièrement l’extinction progressive de certaines mesures de soutien lancées par les autorités. "On commence seulement à voir les premiers effets de la crise", estime Johan Thijs. "Mais c’est probablement au début de l’année prochaine que nous aurons une photographie complète de son impact. Les particuliers avec un prêt hypothécaire et les entreprises peuvent reporter le paiement de leur crédit jusqu’à la fin de l’année. Pour l’instant, 8 à 9% de nos clients en Belgique utilisent cette possibilité." Une proportion qui représente un total sous-jacent de quelque 8,6 milliards d’euros.

Sanctionnée sur les marchés

Malgré sa relative bonne performance, le cours de l’action KBC tirait la langue ce jeudi avec une baisse de plus de 2%. "C’est le ‘pricing for perfection’", cite Johan Thijs. Comme le reste du secteur, le bancassureur s’est engagé à respecter la demande de la Banque centrale européenne et de la Banque nationale de ne pas verser de dividende jusqu’à la fin de l’année afin de conserver des liquidités pour faire face à la crise, même si KBC dispose d’un excès de capital de 9 milliards d’euros. "Or, KBC est le genre d’action que l’on achète pour obtenir une rétribution, mais ce ne sera pas le cas cette année. Par conséquent, certains indices de fonds de dividendes enlèvent automatiquement l’action KBC de l’indice."

L’établissement a dès lors annoncé qu’il ne communiquera pas le montant de son dividende avant la publication de ses chiffres annuels au printemps prochain, ce qui a eu pour effet de refroidir les investisseurs.

63%
C'est le nombre de clients en Belgique qui sont passés au 100% numérique dans leurs contacts avec la banque.

KBC livrera par ailleurs une mise à jour de sa stratégie à l’occasion de la présentation de ses résultats pour le troisième trimestre en novembre. Une annonce qui sera concomitante au lancement de Kate, l’intelligence artificielle qui fera office de conseillère personnelle au sein de l’application mobile.

L’institution va encore renforcer son approche numérique à cette occasion. "Notre stratégie digitale s’est encore renforcée avec la crise", explique Johan Thijs, indiquant que pas moins de 63% de ses clients en Belgique ont viré au 100% numérique dans leurs contacts avec la banque.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés