KBC rembourse à l'avance, la dette flamande chute

Jhan Thijs, le CEO de KBC: "Notre modèle de bancassurance intégré et orienté client, ainsi que nos parts de marchés belge, tchèque, slovaque, hongrois, bulgare, slovène et irlandais, constituent aujourd'hui la base de notre rentabilité et de notre croissance future..." ©Photo News

KBC rembourse toutes les aides publiques restantes 5 ans plus tôt que prévu. Il va verser 3 milliards d'euros au gouvernement flamand avant la fin décembre.

KBC annonce qu'il remboursera intégralement la dernière tranche de 2 milliards d'euros d'aides publiques (et une prime de 50%, 1 milliard d'euros donc) au gouvernement flamand avant la fin de l’année. Le bancassureur belge KBC rembourse ainsi avec 5 ans d'avance toutes les aides publiques restantes. Ces aides avaient été reçues pour faire face à la crise financière.

♦ Pour rappel,  KBC avait obtenu 3,5 milliards d'euros des pouvoirs publics fédéraux en 2008. Ensuite, en 2009, les pouvoirs publics flamands lui versaient le même montant, et le bancassureur obtenait en outre une garantie de l'État pour son exposition aux CDO; cette garantie a été libérée en 2014. Fin 2015, en échange de ces aides, KBC aura remboursé au total 13,09 milliards d'euros aux pouvoirs publics fédéraux et flamands.

Le groupe signale qu'après ce remboursement, les réserves de capital dépasseront "largement les exigences minimales de la Banque centrale européenne et de la Banque nationale de Belgique".

  • "Même après remboursement, KBC conserve une solide réserve de capital de 3,4% (pro forma phased-in, sur la base des chiffres consolidés au 30/09/2015) au-delà du niveau minimal réglementaire de 10,25%."

Dans l'aventure, KBC a bien changé de profil: le groupe a désinvesti 29 entités et activités, et a réduit de 45% les actifs pondérés par le risque.

 

• Conséquences pour l'Etat

En 2008, 2009, 2011 et 2012, l'État fédéral et les trois Régions (Wallonie, Flandre et Bruxelles) ont injecté, en 2008, 2009, 2011 et 2012, pas moins de 27,8 milliards d'euros pour éviter le naufrage de quatre institutions, Dexia, Ethias, Fortis et KBC. 

Seul le dossier KBC s'est soldé dans le vert pour les autorités. En contrepartie des 7 milliards d'euros injectés dans le bancassureur, les autorités enregistrent 9,5 milliards d'euros de revenus, auxquels vont s'ajouter très prochainement ces trois milliards d'euros promis avant la fin de l'année.al et les trois Régions (Wallonie, Flandre et Bruxelles) ont injecté, en 2008, 2009, 2011 et 2012, pas moins de 27,8 milliards d'euros pour éviter le naufrage de quatre institutions et préserver l'économie belge et le patrimoine des Belges contre de trop lourdes pertes. (voir graphique). Ce soutien a pris différentes formes : injection directe de capitaux et donc aussi achat d'actions, investissements sous forme de titres spéciaux, acquisition de filiales, création de nouvelles entreprises, etc.n

 Le remboursement anticipé des aides octroyées par la Flandre à la KBC a pour effet mécanique de faire chuter la dette publique flamande de 12,4%, s'est réjouie vendredi la ministre flamande du Budget Annemie Turtelboom.
    La dette flamande s'élèvera ainsi fin 2015 à 17,65 milliards d'euros au lieu de 20,15 milliards.
     Le bancassureur a annoncé vendredi qu'il remboursera intégralement avant la fin de l'année la dernière tranche de 2 milliards d'euros d'aides publiques, plus une prime de 50%, reçues du gouvernement flamand, soit 5 ans plus tôt que ce qui avait été initialement pré
Pour la Flandre, ce remboursement anticipé a pour effet mécanique de faire chuter la dette publique flamande de 12,4%, selon la ministre du Budget du nord du pays, Annemie Turtelboom. La dette flamande s'élèvera ainsi fin 2015 à 17,65 milliards d'euros au lieu de 20,15 milliards.

 

• Qu'en pensent les syndicats? Le syndicat chrétien LBC-NVK souligne dans un communiqué le rôle joué par le personnel au cours d'une "page très sombre de notre histoire". "Nous espérons que le personnel sera remercié non seulement en paroles, mais également par des actes", indique Dirk De Backere, secrétaire du conseil d'entreprise.  Il pense notamment à une nouvelle convention collective relative à l'emploi et à la sécurité de l'emploi, qui est "absolument nécessaire" vu la "révolution numérique" du secteur, et à un salaire décent compte tenu de la charge croissante dans un secteur très concurrentiel.
Le syndicat socialiste BBTK (SETCa) abonde dans le même sens. "Le remboursement est un signal au personnel qu'une page a été tournée", selon le délégué Jan Steenwinckel. Il a personnellement bon espoir quant à la sécurité de l'emploi. Les autres dossiers, comme l'augmentation du pouvoir d'achat, seront selon lui plus délicats.
→  Une nouvelle négociation sociale a débuté cette semaine chez KBC et il sera notamment question lundi prochain des centres de conseil régionaux. La sécurité de l'emploi devrait ensuite animer les discussions, d'après le délégué.   Les centres de conseil régionaux attisent les tensions. Le syndicat libéral est le seul à avoir rejeté le travail du dimanche dans ces centres. La direction a dès lors décidé que les négociations se prolongeraient sans lui.

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