"L'action ING se traite avec une décote de 40 à 50% sur ses concurrentes"

Au deuxième trimestre, ING a vu son bénéfice net fondre de près de 80% à 299 millions d'euros. ©ANP

Selon Berenberg, la valorisation d'ING ne reflète pas la solidité de son capital. La décote par rapport à KBC est de 50%. À l'achat sur ING, le broker vient de relever son objectif de cours tout comme Jefferies.

Mine de rien, l’action ING a déjà grimpé de 10% environ depuis la publication de ses résultats trimestriels jeudi matin. Lundi, à la clôture de la Bourse de Bruxelles, l'action a progressé de 2,57% à 6,775 euros. Une première lecture rapide des chiffres clés du groupe financier néerlandais ne laissait toutefois pas prédire une telle réaction sur le marché.

Si au cours du 2e trimestre la banque a réussi à préserver ses sources de revenus à un niveau stable à 4,67 milliards d’euros malgré la pandémie, son résultat net a, lui, fait la culbute, dévissant de 80% à 299 millions d’euros.

En cause, on s’en doute, les provisions mises de côté pour les risques de crédit, soit 1,34 milliard d’euros. Si on ajoute les 661 millions déjà provisionnés à l’issue des trois premiers mois de l’année, on arrive à un total de 2 milliards. De son côté, le résultat brut s’est, en outre, avéré inférieur aux attentes des analystes.

Provisions

Et pourtant donc, le titre ING, qui a déjà bien souffert cette année (-36,6% depuis janvier), semble reprendre du poil de la bête ces derniers jours.

"Nous nous attendons à voir la décote se réduire, les investisseurs prenant confiance dans les capacités d’ING de restituer du capital en 2021."
Andrew Lowe
Analyste chez Berenberg

Pour Andrew Lowe de Berenberg ("acheter"), les nouvelles prévisions en matière de pertes sur crédits atténuent une incertitude majeure. Alors qu’elles furent supérieures de 20% au consensus au 2e trimestre, ING s’attend désormais à ce que les provisions du second semestre soient inférieures à celles du premier.

Martina Matouskova de Jefferies ("acheter") parle, de son côté, d’une seconde partie d’année plus "résiliente" avec le niveau élevé des provisions du dernier trimestre et souligne la "surprise positive" que fut le niveau de 15% atteint par le ratio de solvabilité (CET1). Elle a majoré son objectif de cours de 20 centimes pour le porter à 9 euros.

Distribution du capital

Chez Berenberg, on estime, par ailleurs, que la valorisation d’ING ne parvient pas à refléter la solidité de son capital. Sur la base du rapport cours-bénéfice ajusté, l’action se négocie avec une décote de 40% par rapport à BNP Paribas et de 50% en comparaison avec KBC . "Nous nous attendons à voir cette décote se réduire au second semestre, les investisseurs prenant confiance dans les capacités d’ING de restituer du capital en 2021."

2 milliards
euros
Sur le premier semestre, les provisions pour risques de crédits atteignent 2 milliards d'euros chez ING.

Lors de la publication de ses prochains résultats, le 5 novembre, la banque doit normalement fixer ses nouveaux objectifs de capitaux et mettre à jour sa politique en matière de dividende. Berenberg table sur un payout de 50% avec, en plus, des rachats d’actions ou des dividendes spéciaux. Le broker a relevé son objectif de cours à 8,4 euros contre 8 euros avant.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés