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L'affaire Archegos a coûté 10 milliards de dollars aux banques

Le groupe japonais Nomura est l'une des grandes victimes connues à ce jour de la débâcle fin mars du fonds d'investissement new-yorkais Archegos. ©AFP

Archegos avait pris indirectement des positions extrêmement risquées via des intermédiaires dont Nomura, Credit Suisse, Goldman Sachs ou Morgan Stanley.

Ce sont les dernières victimes d’une série qui s'allonge. Après notamment Credit Suisse et Morgan Stanley , la saga Archegos vient maintenant frapper de plein fouet la banque UBS et le japonais Nomura . Au total, la déroute du fonds d'investissement new-yorkais, qui avait réalisé des investissements hasardeux et s'était retrouvé dans l'incapacité de faire face à des pertes subies sur les marchés, aura coûté plus de 10 milliards de dollars aux banques.  

Nomura en première ligne

Le groupe financier japonais Nomura a en effet annoncé ce mardi avoir enregistré une perte exceptionnelle de 2,3 milliards de dollars dans ses comptes sur son dernier trimestre 2020-2021, devenant ainsi la deuxième entreprise la plus impactée par la débâcle Archegos, après Crédit Suisse.

UBS a précisé avoir terminé de liquider ses positions associées à Archegos, tandis que Nomura assure avoir liquidé 97% de ses positions liées à son "client américain".

Si le communiqué ne nomme jamais le fonds spéculatif, il mentionne un "client américain" dont l'identité semble assez claire. Nomura dit également s'attendre à un impact additionnel d'environ 570 millions de dollars sur son exercice 2021-2022.

UBS, l'autre victime du jour

Après Credit Suisse, dont la facture totale dans l'affaire devrait atteindre 5 milliards de dollars, c’est au tour de l’autre banque d’affaires helvétique, UBS, de poster ce mardi une perte surprise de 774 millions de dollars liée à Archegos.

À tout cela vient également s'ajouter la perte de 1 milliard de dollars enregistrée par la banque américaine Morgan Stanley, suite au scandale Archegos.

UBS a toutefois précisé avoir terminé en avril de liquider ses positions associées à Archegos, ce qui devrait entraîner quelques pertes supplémentaires mais minimes sur son deuxième trimestre, tandis que Nomura assure avoir désormais liquidé 97% de ses positions liées à son "client américain".

Concentration des risques

Le groupe japonais a en effet indiqué qu'il prenait cette affaire "très au sérieux". "Nous restons déterminés à renforcer notre direction et à améliorer notre système de gestion des risques", a ajouté son directeur général Kentaro Okuda.

"L'importance des pertes chez Nomura montre la magnitude de la concentration des risques au sein de cette entreprise."
Shunsaku Sato
Analyste chez Moody's

Signe de ce sérieux, le groupe a notamment annoncé lundi la nomination d'un co-directeur général pour renforcer la direction de sa filiale chapeautant ses activités aux États-Unis. Nomura Holding America accueillera donc Christopher Willcox, un banquier chevronné passé par JP Morgan Asset Management et Citigroup.

Le groupe japonais est l'une des grandes victimes connues à ce jour de la débâcle fin mars de ce fonds d'investissement new-yorkais, qui gérait la fortune de son fondateur, le milliardaire sud-coréen Bill Hwang.

L'importance des pertes chez Nomura montre "la magnitude de la concentration des risques" au sein de cette entreprise, a taclé mardi dans une note l'analyste Shunsaku Sato, de l'agence de notation financière Moody's.

L'action UBS chutait de 2,9% à la Bourse de Zurich vers 09H45 GMT. Nomura a fini mardi en hausse de plus de 2% à Tokyo, mais a publié ses résultats après la clôture.

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