'L'affaire Kerviel, c'est déjà le passé'

Le deuxième banquier français vient de dévoiler un plan stratégique visant à recentrer les activités du groupe sur la banque de détail et la banque de financement et d'investissement. Objectif: 6 milliards d'euros de bénéfice en 2012.

La Société Générale a dévoilé mardi son plan stratégique à horizon 2015, marqué par des objectifs chiffrés ambitieux et une rupture avec l'ancien modèle de la banque, évoqué en ce moment lors du procès de son ex-trader Jérôme Kerviel. Tournant résolument le dos à la crise financière et aux déboires de l'époque, son PDG, Frédéric Oudéa, a affirmé que l'affaire Kerviel "c'est déjà le passé", alors que ce dernier comparaît devant le tribunal correctionnel de Paris. Selon le dirigeant, "il n'y a aucun doute sur l'issue de ce procès". Il n'a cependant pas précisé ce qu'il attendait du jugement.

"2010 est pour moi, une année charnière, l'année du rebond de la Société Générale", a-t-il lancé, en ouverture d'une journée marathon de plus de onze heures destinée à convaincre investisseurs, analystes et journalistes de la crédibilité de ce nouveau plan stratégique, baptisé "Ambition SG 2015".

Après deux années délicates et un exercice de transition en 2009, la banque assure avoir retrouvé ses esprits et s'est fixé l'objectif d'un résultat record de 6 milliards d'euros dès 2012.

"Il s'agit incontestablement d'un programme ambitieux et de sortie quasi-complète de crise d'ici 2012", a commenté l'analyste de CM-CIC Pierre Chedeville dans une note.
"La banque doit aujourd'hui convaincre du réalisme de son ambition dans un contexte macro-économique +chahuté+", a-t-il ajouté.
Même si la forte baisse du titre depuis le début de l'année incite à relativiser, le marché a bien accueilli ce plan, plaçant mardi l'action Société Générale en tête du CAC 40.

Les trois axes majeurs du plan sont la banque de détail en France, à l'international et la banque de financement et d'investissement.
En France, la banque rouge et noire veut porter le nombre de ses clients de 10 à 12 millions d'ici 2015.
"Le contexte est extrêmement concurrentiel, mais tout n'est pas figé dans la banque de détail en France, comme le montre la montée en puissance de la Banque postale et du Crédit Mutuel", qui jouent actuellement la carte éthique pour gagner des parts de marché, souligne Anatole de La Brosse, directeur associé au sein du cabinet Sia Conseil.

Pour se donner les moyens de ses ambitions, la Société Générale a mis 872 millions sur la table pour racheter la Société marseillaise de crédit (SMC), qui fera automatiquement tomber dans son escarcelle 200.000 clients supplémentaires.

"Cela prouve que leurs actes sont alignés sur leur communication", relève M. de La Brosse.

La croissance reposera aussi sur la banque de détail à l'international, où la Société Générale compte s'appuyer sur sa solide implantation en Russie.
Première acteur privé du pays, la banque française a fait le gros dos durant la crise et compte sur le retour de la croissance pour retrouver l'équilibre dès le quatrième trimestre 2010.

Ouvert aux acquisitions, la banque semble néanmoins appuyer prioritairement sa croissance sur ses structures existantes et exclure une opération majeure à l'international. "Il est hors de question de procéder à une quelconque augmentation de capital, notamment pour financer une acquisition importante", a ainsi déclaré M. Oudéa. Dans ses pays d'implantation présentant un fort potentiel de croissance, la banque prévoit d'ouvrir 700 agences.

Même son de cloche pour l'Asie. "En Chine, en Inde, nous allons croître de manière organique, mais le développement est contraint par la réglementation, il n'y a pas de capacité à accélérer le rythme", a résumé le PDG.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés