L'ancien patron de Dexia touche 583.000 euros de retraite par an

L'ancien patron du groupe Dexia, le Français Pierre Richard, touche actuellement une retraite chapeau de 583.000 euros par an que Dexia cherche à annuler, a confirmé le ministre des Finances Steven Vanackere (CD&V). Le ministre a aussi annoncé que l'Etat belge avavit versé près de 2,4 millions d'euros à UBS pour ses conseils lors du démantèlement de Dexia.

Interrogé mardi en Commission des Finances de la Chambre par le député Georges Gilkinet (Ecolo), Steven Vanackere a fourni quelques détails sur le contrat de retraite complémentaire de M. Richard, approuvé en 2003 par le conseil d'administration sur proposition du comité des rémunérations du groupe.

Ce contrat prévoit le versement d'une rente annuelle correspondant à 75% de son salaire de référence lors de ses deux dernières années dans le groupe qu'il avait dirigé de 2000 à 2006, avant d'en reprendre la présidence du conseil d'administration jusqu'au premier naufrage du groupe, à l'automne 2008.

En 2006, M. Richard a ainsi touché une retraite de 565.000 euros, "un montant qui est revalorisé chaque année", a précisé M. Vanackere.

"M. Richard touche actuellement 583.000 euros", a-t-il ajouté, confirmant ainsi implicitement les chiffres livrés dernièrement par la presse française faisant état de versements de retraite pour un montant total de 3,6 millions d'euros depuis 2006 au bénéfice de M. Richard.

Confirmant la volonté du groupe Dexia d'interrompre par voie judiciaire ce contrat de pension complémentaire, le ministre a toutefois jugé que "la loi et la jurisprudence" ne jouaient pas en faveur de Dexia.

Par ailleurs, interrogé sur le choix et les rémunérations d'UBS comme banque-conseil, Steven Vanackere a précisé que celle-ci avait perçu 2.384.218 euros pour les conseils prodigués entre le 9 septembre 2011 et le 20 décembre 2011.


La banque avait été sollicitée par la Société fédérale de participations et d'investissements (SFPI), bras financier de l'Etat fédéral, pour boucler le rachat et la nationalisation de la filiale belge DBB, aujourd'hui Belfius.


"UBS était la seule à disposer de l'aura nécessaire. Elle était aussi la seule à ne pas avoir de conflit d'intérêts dans le dossier Dexia", a justifié M. Vanackere.


Le ministre a par ailleurs défendu la décision récente du gouvernement Di Rupo de recourir à nouveau à UBS pour continuer à l'éclairer dans le dossier Dexia, notamment pour la renégociation délicate des garanties d'Etat accordées à la banque résiduelle.


M. Vanackere a précisé qu'une somme forfaitaire de 1,5 million d'euros avait déjà été allouée à UBS dans le cadre de ce nouveau contrat, et ce jusqu'à l'échéance, fin mai 2012, du plan restructuration provisoire approuvé par la Commission européenne.


Au-delà de cette date, UBS touchera une rémunération de 100.000 euros par semaine. Ces versements pourront toutefois être suspendus durant les périodes d'inactivité, comme les vacances, a souligné M. Vanackere. Ce contrat avec la banque peut en outre être résilié moyennant un préavis d'un mois, a-t-il ajouté.
Au total, le gouvernement a provisionné 5 millions d'euros pour cette mission conseil qui durera un an maximum.



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