L'ancien patron de Goldman Sachs cité dans le scandale malaisien 1MDB

L'ancien trader Lloyd Blankfein a quitté sa fonction de CEO de Goldman Sachs le mois dernier ©Bloomberg

Lloyd Blankfein est le "haut responsable" évoqué par les autorités américaines comme ayant rencontré une personne au coeur du vaste scandale de corruption impliquant le fonds d'investissement public malaisien 1MDB. Un scandale qui aurait permis de détourner 2,7 milliards de dollars sous forme de rétrocommissions lors de trois émissions obligataires en 2012 et 2013.

Le fonds d'investissement public malaisien 1Malaysia Development Berhad (1MDB) a été créé par Najib Razak peu après son arrivée au pouvoir comme Premier ministre de la Malaisie en 2009. 1MDB devait  moderniser la Malaisie. Mais, aujourd'hui, l'instrument financier est au coeur d'une enquête de corruption menée par les autorités américaines. 

Le ministère de la Justice avait inculpé le 1er novembre dernier trois individus dans cette affaire et il est fait référence à un "haut responsable" de la banque Goldman Sachs dans un des documents versés au dossier. D'après le Financial Times qui cite deux sources , ce "haut responsable" n'est autre que Lloyd Blankfein, le patron de la banque d'affaires entre 2006 et octobre dernier. 

Les enquêteurs lui reprochent d'avoir rencontré le financier malaisien Low Taek Jho à l'occasion d'une réunion à New York en 2009. L'homme, aussi connu sous le nom de Jho Low, est accusé par les autorités américaines de s'être entendu avec deux anciens banquiers de Goldman Sachs, Tim Leissner et Ng Chong Hwa, afin de blanchir des "milliards de dollars" présumés détournés du fonds 1MDB. Selon le Financial Times, Lloyd Blankfein ne savait pas que Jho Low participerait à cette fameuse réunion organisée par le Premier ministre Razak à l'hôtel new-yorkais où il séjournait. 

Les vieux démons de Goldman 

La Justice US accuse aussi Tim Leissner, qui a dirigé Goldman Sachs en Asie du sud-est, et à son collègue malaisien Ng Chong Hwa, d'avoir violé, dans le cadre de leurs fonctions, les lois anticorruption américaines  en versant ou en promettant des pots-de-vin à des officiels malaisiens et d'Abou Dhabi pour qu'ils retiennent Goldman Sachs comme banque conseil dans des transactions "lucratives". Ces deux dirigeants de Goldman ont, d'après le ministère américain, pris part à une "conspiration", qui leur a permis de détourner 2,7 milliards de dollars de 1MDB sous forme de rétrocommissions lors de trois émissions obligataires en 2012 et 2013 d'un montant total de 6,5 milliards de dollars.

Chez Goldman, l'affaire fait ressortir de vieux démons du placard de cette banque qui symbolise la puissance et les errements de Wall Street. L'établissement tente depuis quelques mois de redorer son blason auprès du grand public via Marcus, une plateforme virtuelle proposant des prêts et recevant des dépôts de la part des particuliers et des entreprises plus modestes.

Un coup dur donc pour David Solomon,  qui a remplacé Lloyd Blankfein à la tête de Goldman Sachs début octobre. Le dirigeant s'est donné pour mission de construire un nouveau Goldman Sachs éloigné des activités spéculatives controversées ayant fait de la banque le symbole des "excès" de la finance. Avant la crise financière, la firme était notamment connue pour ses paris financiers contre ses propres clients. En 2010, Goldman Sachs a accepté de s'acquitter d'une amende de 550 millions de dollars de la SEC pour avoir spéculé sur l'effondrement des "subprimes" qu'elle avait pourtant vendus à ses clients.

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