L'Etat belge ne prend pas de poids dans BNP Paribas

©EPA

Le groupe voulait bétonner le principe d’une voix, un vote. L’Etat belge avec ses 10,3% entendait voir appliquer la loi Florange. Les autres actionnaires ne l’ont pas suivi.

Les actionnaires de BNP Paribas avaient fait le déplacement en masse ce mercredi au Palais de congrès parisien pour l’assemblée générale du groupe. Plus de 64% du capital étaient ainsi présents ou représentés. Les actionnaires étaient notamment appelés à bétonner le principe "une action, une voix" dans les statuts du groupe. Le groupe entendait ainsi prendre ses distances par rapport à la "loi Florange", qui à partir de cette année, autorise le double droit de vote pour les actionnaires présents depuis deux ans ou plus dans le capital de sociétés françaises. Objectif de la loi: réduire la pression des "shorters" sur les sociétés de l'Hexagone. La motion a été approuvée à 78,23%.

On savait l’Etat belge, présent au capital de BNP Paribas avec 10,3% favorable à ce double droit de vote. Il n’en sera rien !

Les actionnaires ont également accordé, comme le demande les nouvelles disposition européennes, le droit à BNP Paribas de passer outre la limitation de la rémunération variable à une fois la rémunération fixe. Dirigeants et certaines parties du personnel pourront ainsi recevoir des bonus deux fois plus élevés que leur salaire fixe.

Durant près de 4h30 de réunion, un sujet a dominé l’assemblée : l’amende de près de 9 milliards de dollars imposé à l’été 2014 par les autorités américaines à BNP Paribas pour rupture d’embargo. Certains actionnaires s’invectivaient : " c’est mon argent qui a servi à financer la guerre au Soudan ". Les autres s’interrogeaient sur la rôle de la France pour protéger son établissement financier. " Nous sommes victimes de l’impérialisme américain. PSA a été jeté hors de l’Iran lorsque l’embargo a été placé. Et quand il sera levé, qui rentrera sur le marché? GM? Qu’a fait la France pour aider BNP Paribas".

Dans le chef des dirigeants, l’heure était au mea culpa. " Ce qui s’est passé est un dysfonctionnement et des pratiques contraires à l’éthique de la banque ", a expliqué Jean Lemierre, qui en tant que successeur à Baudouin Prot, présidait sa première assemblée avec un ton empreint de beaucoup de modestie. " Ce sont des choses graves auxquelles il faut tirer les conséquences. Nous tentons de les tirer ".

Jean-Laurent Bonnafé, le CEO, tenait le même discours parfois maladroitement. " Vous avancez que d’autres établissements bancaires ont fait la même chose, Monsieur Bonnafé. Où est votre jugement moral et éthique ", lui rétorquera un actionnaire.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés