L'Etat empoche 363 millions d'euros de dividendes de Belfius

Marc Raisière, CEO de Belfius, et Charles Michel ©BELGA

Belfius fait état d'une nouvelle hausse de ses résultats annuels. Le groupe n'hésite pas à parler d'année "exceptionnelle" sur le plan opérationnel. Une bonne nouvelle pour l'Etat, actionnaire unique de la banque qui va se voir attribuer un dividende supérieur à celui annoncé.

Bonne nouvelle pour l'Etat! En décembre dernier, Belfius avait annoncé pour 2016 un dividende de 215 millions d’euros directement alloué au budget de son unique actionnaire. Gourmand, l'Etat avait mis la pression en indiquant vouloir cette année non moins que 309 millions d’euros.

Au final, fort de résultats en hausse pour la sixième année consécutive, Belfius indique qu'il ne versera pas 309 mais bien 363 millions d'euros de dividendes au titre de son exercice 2017.

"Grâce à la croissance permanente de nos revenus opérationnels, à une maîtrise constante des coûts et à l’efficience de la gestion financière et du risque, Belfius a encore démontré en 2017 sa capacité à améliorer ses résultats chaque année. Tout en maintenant notre excellent profil financier et de risque, les très bons résultats de 2017 offrent dès lors la possibilité au Conseil d'administration de proposer à l'Assemblée générale le versement pour l'exercice 2017 d'un dividende de 363 millions d'euros – correspondant à un taux de distribution de 60 %. Sur ce montant, un acompte sur dividende de 75 millions d’euros a déjà été versé en septembre de l'année dernière," se félicite Jos Clijsters, président du conseil d'administration.

Passons donc en revue les chiffres qui permettent un tel cadeau à l'actionnaire:

Belfius atteint au terme des 12 mois de l'année 2017, un résultat net de 606 millions d'euros (+13%). Tout comme KBC la veille, la banque se dit affectée par la réforme de l'impôt de société à hauteur de 105 millions d'euros.

"Belfius réalise la plus forte croissance bénéficiaire sur une base annuelle depuis sa création et notre résultat avant impôts frôle la limite symbolique du milliard d'euros (963 millions, NDLR). En dépit d'un environnement de taux bas persistant, nos revenus d'intérêts nets augmentent, mais également et plus encore, nos revenus nets issus du commissionnement," indique Marc Raisière, CEO.

Le résultat opérationnel progresse à 615 millions, un résultat alimenté à hauteur de 400 millions par l'activité bancaire et à 215 millions par l'activité assurance.   

Malgré la faiblesse persistante des taux d'intérêt, les revenus nets d'intérêt progressent de 5% tout comme les revenus de commissions (+7%). Les revenus totaux qui s'élèvent à 2,35 milliards sont toutefois négativement influencés par la taxe bancaire (-198 millions d'euros), les coûts de la digitalisation (1,37 milliard d'euros).

Et que dire sur l'opérationnel?

2017 a vu l'encours des comptes à vue et des comptes épargne des clients particuliers croître à 53 milliards d'euros (+5%). Les placements dans les fonds enregistrent un encours de 26 milliards (+11%).

Belfius fait également état d'une nouvelle année exceptionnelle sur le plan des crédits hypothécaires. La banque dispose désormais d'une part de marché de près de 16%. Les nouveaux financements à long terme octroyés aux clients Retail et Business s'élèvent à 9,5 milliards:

  • 5,5 milliards de crédits hypothécaires dans le retail 
  • 700 millions de crédits à la consommation (retail)
  • 3,3 milliards de crédits long terme aux clients business

Dans l'assurance, l’encaissement des primes non-vie est de 674 millions d’euros (+6%) avec une nette évolution du canal de distribution bancaire (+13 %). "Les ratios de cross-selling sont excellents, aussi bien pour les assurances incendie et familiale (85 %) que les assurances solde restant dû (144 %). Le ratio combiné opérationnel pour les assurances de dommages via les canaux bancaires est de 95 %, un niveau rentable," se félicite-t-on chez Belfius.

Pour les assurances-vie, les réserves de la branche 23 ont progressé de 18 %; une hausse qui compense partiellement la baisse des réserves de la branche 21 qui attire de moins en moins de clients. Le total des réserves en vie diminue à 15,4 milliards d’euros. "La taxe de 2% sur les primes d'assurance-vie sont un frein aux investissements à long terme," explique Marc Raisière.

Belfius se targue également de la croissance de ses activités financières à destination des clients "corporate" et "public".

Belfius, une banque solide?

"Solidité", c'est par ce terme que Belfius se définit. Il affiche un ratio CET 1 Bâle III (Fully Loaded) de 15,9 %. Le ratio Solvency II de Belfius Insurance est de 219 %.

En matière de liquidité, avec un ratio LCR de 130 %, Belfius répond aux exigences de la BCE et la BNB. Le ratio NSFR s'est encore amélioré à 116 %. 
Enfin, le total des fonds propres de Belfius a augmenté de 500 millions à 9,5 milliards d’euros. "Ce total a quasiment triplé depuis le rachat de Belfius par les autorités belges en 2011." 

Prochaine étape: l'entrée en bourse d'une partie du capital de la banque. Et le mot de la fin pour Jos Clisjters: "Nous voulons absolument poursuivre la politique menée depuis 6 ans, avec ou sans IPO." Quant au dossier Arco, il affirme qu'aucune provision n'a été constituée pour les procédures judiciaires. 

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés