L'Etat rentabilisera son aide, estime Bankia

Jose Ignacio Goirigolzarri, président de Bankia. ( (c) Photo Reuters/Andrea Comas)

Le président de la quatrième banque espagnole Bankia, José Ignacio Goirigolzarri (photo), s'est dit dimanche confiant dans le fait que l'Etat puisse récupérer dans l'avenir l'aide record de plus de 20 milliards d'euros accordée à la banque.

Le président de la quatrième banque espagnole Bankia, José Ignacio Goirigolzarri, s'est déclaré confiant dimanche dans le fait que l'Etat puisse récupérer dans l'avenir l'aide record de plus de 20 milliards d'euros accordée à la banque. La cotation de l'action de la banque devrait reprendre ce lundi à la Bourse de Madrid.

"L'Etat va injecter des capitaux dans Bankia et l'obligation d'une société lorsqu'elle reçoit du capital, n'est pas de rendre ce capital, mais d'être capable de créer de la valeur et de rendre cet apport rentable", a déclaré M. Goirigolzarri dans un communiqué de Bankia. "Cela sera la meilleure façon pour que l'Etat, quand il considérera que le moment est opportun et selon le mécanisme de son choix, puisse vendre les actions qu'il va prendre de Bankia au meilleur prix possible avec les bénéfices afférants pour les actionnaires", a ajouté le président de Bankia.

Samedi, le président de Bankia, Jose Ignacio Goirigolzarri, s'est dit "certain" samedi que l'Etat espagnol financerait l'aide exceptionnelle de 19 milliards d'euros supplémentaires demandée par le groupe bancaire.

"Je suis certain que l'Etat espagnol va obtenir le financement pour que nous ayons les 19 milliards d'euros. C'est l'engagement", a-t-il affirmé au cours d'une conférence devant des analystes et investisseurs pour présenter le plan d'assainissement du groupe bancaire.

Il a affirmé que le plan avait été établi grâce à une "collaboration forte avec la Banque d'Espagne et le ministère de l'Economie". "Nous sommes tous en faveur de cette solution, qui est partagée", a-t-il encore ajouté.

Auparavant, il s'était dit confiant sur le versement de l'aide qui devrait intervenir, via le fonds d'aide public au secteur (Frob) "au cours du mois de juillet".

Il a tenté de rassurer sur le reste du secteur bancaire, source de vive inquiétude dans une Union européenne tourmentée par la crise de la dette grecque, affirmant que la situation de Bankia n'était "pas extrapolable" au reste du secteur.

Après son assainissement, Bankia sera "solide, efficace et rentable", a assuré son président Jose Ignacio Goirigolzarri, au cours de cette conférence de presse, en expliquant que ces chiffres exceptionnels étaient dus à la crise économique qui touche particulièrement l'Espagne depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008. "Je suis très serein face aux tests de résistance qui vont être réalisés", a-t-il ajouté, précisant qu'un plan stratégique serait présenté en juin.

Bankia a annoncé vendredi avoir besoin de 19 milliards supplémentaires, soit un total de 23,5 milliards d'euros en ajoutant l'aide publique annoncée le 9 mai, sous forme de prêt transformé en participation, un sauvetage historique dans le secteur bancaire espagnol.

La banque a également affiché une perte pour 2011 de 2,979 milliards d'euros, contre un bénéfice de 309 millions affiché précédemment.

L'ex-président Rodrigo Rato, poussé à la démission avec son équipe, aurait-il failli? Que répondre aux petits actionnaires qui réclament des têtes après avoir vu le cours de Bourse de Bankia perdre plus de la moitié de sa valeur depuis l'entrée en Bourse du groupe en juillet 2011 ?

"Je ne suis pas venu ici pour purger", a affirmé M. Goirigolzarri, interrogé sur l'ouverture d'une éventuelle enquête interne, en soulignant que son prédécesseur Rodrigo Rato, très connu pour avoir été ministre de l'Economie et directeur général du FMI, avait dû faire face à une situation "très complexe".

Bankia s'est fortement exposée au secteur immobilier, un des piliers de l'économie espagnole. Elle compte un portefeuille immobilier de 37,5 milliards d'euros, dont la très grande majorité (31,8 milliards) est problématique (crédits risquant de ne pas être remboursés, logements saisis...).

L'Etat s'est engagé à apporter tous les fonds nécessaires à Bankia qui représente 10% du système financier espagnol, et qui est donc considérée comme une banque "systémique", ne pouvant pas faire faillite sous peine de contaminer tout le secteur.

Mais s'il est le plus spectaculaire, ce sauvetage n'est pas le seul dans un secteur bancaire qui accumulait, fin 2011, 184 milliards d'euros d'actifs immobiliers problématiques, soit 60% de son portefeuille.

Au total, huit institutions bancaires ont reçu des fonds publics pour un montant de 32,869 milliards d'euros et 6,2 milliards d'euros ont été versés par le Fonds privé de garantie des dépôts, selon le journal l'Expansion.

Or, si la capacité du Frob a été augmenté à 15 milliards en février, il devra lui-même être abondé par l'Etat pour pouvoir renflouer les banques en difficultés. De quoi encore alourdir les comptes de l'Etat qui doit aussi voler au secours des régions très endettées.

La Catalogne, dont le déficit public a atteint 3,29% du PIB en 2011 et qui est confrontée à d'énormes coûts de refinancement, a exhorté vendredi Madrid à autoriser les régions endettées à recourir à des obligations régionales émises conjointement.

Le gouvernement a déjà annoncé avoir souscrit un prêt syndiqué de 30 milliards d'euros, qui pourra être porté à 35 milliards si besoin pour aider les collectivités à s'acquitter des factures impayées qui s'élèvent à 19,4 milliards.
En échange, le gouvernement a imposé une rigueur historique aux régions. L'objectif reste de ramener le déficit public du pays à 5,3% cette année contre de 8,9% du PIB en 2011. Un objectif difficilement tenable, selon de nombreux experts.

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