La Banque nationale a un matelas de 4 milliards

Luc Coene, gouverneur de la Banque Nationale de Belgique. © Belga

La Banque Nationale dispose de réserves financières suffisantes pour amortir le choc, a priori hypothétique, d’une faillite conjuguée de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal. Les actionnaires minoritaires restent sceptiques.

Un matelas financier de quelque 4 milliards d'euros, voilà de quoi permettre à la Banque Nationale (BNB) de faire face à la faillite simultanée de la Grèce, du Portugal et de l'Irlande ou à la mise en défaut d'un grand pays de la zone euro. Les dirigeants de la BNB ont avant tout cherché à rassurer des actionnaires minoritaires moins nombreux que les années précédentes (118 présents ou représentés, contre 211 il y a deux ans), mais toujours aussi vindicatifs et sceptiques.

Les réserves financières de la BNB atteignent 4 milliards d’euros, celles de la Bundesbank 12,7 milliards. "Notre provisionnement est proportionnellement deux à trois fois supérieur. Nous disposons donc d'un amortisseur suffisant pour absorber les pertes des pays soumis à un programme de redressement", a souligné Pierre Wunsch, l'un des directeurs de la BNB.

Dans l'immédiat, ce cas de figure est d'autant moins probable que le risque, évalué à 5,2 milliards d'euros fin 2011, a été allégé depuis lors par une évolution positive dans le dossier des obligations d'État grecques et par une "relative détente sur certains marchés de titres", soutient la BNB dans son rapport annuel.

Les actionnaires privés restent sceptiques. L'omniprésent Erik Geenen insiste notamment sur le paquet d'or beaucoup plus lourd dont dispose la Bundesbank. Et cible les prêts d'or consentis au début des années 2000 par la Banque Nationale.

"Nous avons arrêté depuis quelques années ce type d'opération, rétorque le gouverneur Luc Coene. Les crédits d'or octroyés à cinq institutions, qui ne concernent aucune banque belge, arrivent à échéance. Les 84 tonnes d'encours de 2011 sont aujourd’hui réduites à 37 tonnes, et les crédits devraient arriver à terme d'ici deux ou trois ans".

Sur le front du dividende, rien de neuf. Les petits actionnaires aboient, le comité directeur passe. Si le dividende 2011 est inférieur à celui de 2010 (141,76 euros brut par action contre 166,12), c’est parce que la Banque des Règlements Internationaux (BRI) n’a plus versé de dividende exceptionnel. Pour Pierre Wunsch, la rétribution des actionnaires "est plutôt favorable dans un contexte de baisse des taux d’intérêt".

Nouvelles nominations

Après environ six heures et demie de réunion, l'assemblée des actionnaires de la Banque nationale a approuvé tous les points mis à l'agenda. Plusieurs nominations ont également été actées au Conseil de régence.

Marc Leemans, le nouveau président de la CSC, remplace ainsi Luc Cortebeeck. Les mandats de Rudi Thomaes (FEB), Sonja De Becker (Boerenbond) et Michèle Detaille (chef d'entreprise) ont quant à eux été renouvelés.

Jean-Louis Six, administrateur pour la Belgique de la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement (Berd), remplacera pour sa part Martine Durez au Conseil de régence.

 

La BNB veut renégocier son indemnité à l'Etat
La Banque nationale de Belgique (BNB) souhaite à nouveau renégocier l'indemnité de 24,4 millions d'euros qu'elle verse chaque année depuis 1991 à l'Etat belge afin de rembourser la dette de guerre. C'est ce qu'a indiqué le gouverneur de la BNB Luc Coene, mardi, à l'occasion de l'assemblée des actionnaires. Les actionnaires minoritaires, qui ont posé des questions critiques quant à cette indemnité, espèrent de cette manière percevoir un plus gros dividende.

"Dans les prochaines semaines, nous enverrons une lettre formelle au ministre des Finances pour réévaluer le paiement", affirme Luc Coene.

Les conditions de la convention conclue entre les deux parties en 1991 autour de ce remboursement ne seraient plus pertinentes depuis quelques années.

Tant Deminor que l'investisseur Erik Geenen ont émis quelques questions critiques. Ils ont plaidé pour que la renégociation profite au petit actionnaire.

La politique du dividende a une nouvelle fois été au menu de l'assemblée de mardi. Comme les dernières années, les actionnaires minoritaires ont confié se sentir discriminés par rapport aux autorités belges, qui contrôlent la moitié des actions de la BNB. Luc Coene a été clair sur ce point. "A court terme, la banque n'a pas l'intention de changer sa politique de dividende."

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