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La banque privée peine à retrouver ses couleurs d'antan

©Photo News

Dans un secteur marqué par une croissance des actifs sous gestion et un recul des résultats, la Belgique fait preuve de résistance.

Sale temps pour les banquiers privés. À en croire une étude de McKinsey effectuée en 2009 auprès de 160 enseignes réparties à travers le monde, si les actifs sous gestion ont progressé, les profits et les marges ont suivi la tendance inverse.

Les actifs sous gestion ont crû en moyenne l’an dernier de 10 %, renouant ainsi avec les niveaux atteints en 2006. Le résultat opérationnel du secteur a, lui, chuté de 25 % par rapport à 2008 alors que les profits atteignaient leur plus bas historique avec une marge bénéficiaire à 20 points de base. "Il est illusoire de croire que les banques privées renoueront dans un avenir proche avec les profits observés en 2005, 2006 ou 2007", indique Frédéric Vandenberghe,  directeur et auteur de l’étude.

Autre tendance observée: un retrait d’argent des pays offshore. Le Luxembourg a ainsi perdu 5 % de ses actifs contre 1 % pour la Suisse. "Les clients se posent beaucoup de questions quant à leur banque. Dans le chef des régulateurs, on note une croissance des discussions relatives à une meilleure protection des investisseurs", poursuit Vandenberghe.

Certes, précise-t-il, les investisseurs disposant d’un capital de moins d’un million d’euros semblent plus enclins à procéder à un rapatriement des fonds dans leur pays alors que les clients plus riches découvrent d’autres marchés offshore. Singapour a particulièrement la cote auprès des investisseurs européens.

Notons encore l’incapacité de cette industrie à gérer ses coûts. "Jusqu’ici, les banques étaient davantage concentrées sur leur croissance que sur la maîtrise des coûts. Il est donc difficile de tout changer d’un coup." Et pour l’heure, les banques semblent peu disposées à rogner sur les budgets du personnel en charge de la relation client.

La Belgique atypique

Dans un tel contexte, la Belgique fait preuve d’une certaine résistance.
Là où les actifs sous gestion progressent en moyenne de 10 % en Europe, on note une hausse de 13 % en Belgique. Un pourcentage particulièrement "boosté" par la performance des portefeuilles d’investissement qui ont bien redressé la barre par rapport à 2008. L’apport net d’argent s’est, lui, quelque peu rétracté en l’espace d’un an.

Le portefeuille belge est caractérisé par une importante part d’actions (34 %) là où ailleurs en Europe on favorise le cash (31 %),  qui rapporte moins.

En terme de marge, l’activité a également perdu un peu de terrain en Belgique. En cause, l’investissement plus important dans des fonds qu’en direct et aussi une gestion discrétionnaire prédominante. Autant de caractéristiques qui n’ont guère évolué en raison de la crise.
"Le secteur belge a connu peu de gros changements. On aurait pu s’attendre à un glissement en termes de parts de marché, il n’en est rien. De plus la différence entre l’apport net enregistré dans les petites et les grandes banques est minime. La Belgique est et reste un pays plus axé sur les fonds et la gestion discrétionnaire", ajoute-t-il encore.

avenir en demi-teinte

Si l’attrait du secteur n’a pas disparu, la reprise ne semble pas encore marquante cette année.
"Les deux premiers trimestres s’inscrivent dans la continuité de 2009. On note encore peu de mouvement sur les portefeuilles, les clients étant encore dans l’attente", explique Vandenberghe.

Pour la Belgique, marché très concurrentiel, McKinsey entrevoit une pression croissante sur les acteurs déjà présents sur le territoire avec au final, selon toute logique, moins d’entrants.

A contrario, une vague de consolidations semble annoncée. "Nous avons vu ces 18 derniers mois davantage de transactions dues notamment aux dossiers de  restructuration dont ceux demandés par l’Europe, la pression sur les enseignes offshore et le renforcement de la régulation en la matière", précise encore l’auteur.

Quoi qu’il en soit, les perspectives à long terme du secteur restent positives. "Si les banquiers privés s’adaptent à la demande des clients et à l’univers d’investissement, des croissances excédant le PIB sont à nouveau possible. Quant à la régulation, elle devrait accroître l’attractivité de ce segment bancaire en raison de sa contribution très liquide et de ses faibles exigences en capital", conclut-il.

D Li

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