La bataille de l'open banking ne fait que commencer

©BELGA

KBC a été la première banque belge à dégainer en rendant son application multibancaire: le client peut voir l’ensemble de ses comptes courants, qu’ils soient chez KBC ou à la concurrence. Les débuts ne sont pas tonitruants mais la banque va ajouter de nouvelles fonctionnalités. Les autres grandes banques ne tarderont pas à répliquer. L’enjeu est double: devenir l’app bancaire préférée du client et garder la main sur la relation client que des acteurs non bancaires lorgnent.

Garder la main. Surtout, ne pas se faire doubler. Après avoir été la première en Belgique à lancer un début d’open banking, c’était en mars dernier, KBC (et ses enseignes KBC Brussels et CBC) a décidé d’en élargir les possibilités.

L’idée est la suivante: plus l’app est riche (et facile à utiliser), plus le client y sera attaché et moins… il ira voir ailleurs.

Il y a deux mois, l’application de KBC devenait multibancaire: depuis lors, le client qui le souhaite peut consulter sur l’app KBC les comptes courants qu’il détient dans d’autres banques. L’innovation cadre avec une nouvelle directive européenne (dite "PSD2") laquelle rend possible le partage des données bancaires avec des tiers.

Deux mois après son lancement, les clients KBC (c’est le client qui décide de faire ou non usage de cette possibilité) ont ajouté… 7.000 comptes. Ce n’est pas franchement bluffant pour une banque qui compte plus de 3 millions de clients en Belgique. Mais ce n’est sans doute que le début.

D’ici trois semaines, les clients pourront aussi, via l’app KBC Mobile, réaliser des paiements au départ de leurs comptes auprès d’autres banques (Argenta, Axa Banque, Belfius, BNP Paribas Fortis, Hello Bank!, ING). Consulter et payer: voilà qui devient vraiment multibancaire.

La banque entend aussi ajouter des fonctionnalités non bancaires à son app. La première à embarquer est 4411, l’application qui permet de payer au temps son emplacement de parking dans une cinquantaine de villes belges.

KBC est la première à dégainer mais elle ne restera pas longtemps la seule à occuper le terrain. Ainsi le 26 juin, Belfius demandera à ses clients de lui indiquer quels autres comptes ils veulent intégrer dans leur app. Ces comptes tiers seront intégrés au fur et à mesure que les banques donneront accès à leur interface (API), "ce qui se fera graduellement à partir de septembre", indique Belfius.

Chez BNP Paribas Fortis, on parle "de l’été 2018" pour le lancement de l’app multibancaire chez Hello Bank! et de l’automne pour BNP Paribas Fortis elle-même. Quant à ING Belgique, l’application passera en mode multibancaire au premier trimestre 2019 (ce sera un peu plus tôt, au 4e trimestre 2018, pour le PC et la tablette).

Bref, la bataille du multibancaire ne fait que commencer. Chaque enseigne vise le même objectif: devenir l’application bancaire préférée du client (puisque celui-ci est multibancarisé) et idéalement la seule, étoffer de nouvelles fonctionnalités bancaires (comme la fonction "cardstop" annoncée chez KBC et Belfius pour fin juin) mais aussi non bancaires. L’idée est la suivante: plus l’app est riche (et facile à utiliser), plus le client y sera attaché et moins… il ira voir ailleurs.

Erik Luts, CIO de KBC ©Dieter Telemans

Chacun ira donc de ses innovations pour faire parler de soi et tenter de faire la différence. Chez Belfius par exemple, on est prêt à introduire une nouvelle fonctionnalité: la possibilité de souscrire directement via l’app à… une IPO (une introduction en Bourse) dont Belfius est une des banques distributrices. L’option est là, ne manque plus qu’une IPO… L’avenir dira si l’option sera activée pour l’entrée en Bourse… de Belfius elle-même.

Tous ces enrichissements poursuivront un même but: garder la main sur la relation client, "que des big techs ou des fintechs pourraient reprendre à leur compte", situe Erik Luts, chief innovation officer (et membre du comité de direction) de KBC.

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