La BNB dit "oui" au projet de NewB de devenir une banque

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Le régulateur estime que les conditions sont désormais remplies pour octroyer une licence bancaire à la coopérative. La BNB a transmis le dossier à la BCE, qui devrait suivre son avis favorable.

NewB n’a jamais été aussi près de concrétiser son rêve: devenir une banque. Selon nos informations, la Banque nationale de Belgique (BNB) a pris position tout récemment sur le dossier, estimant que les conditions étaient désormais remplies pour octroyer une licence bancaire à la coopérative lancée en 2011, dans la foulée de la crise bancaire. Nihil obstat.

Contactée sur le sujet, NewB n’a pas souhaité commenter. Formellement, rien n’est encore joué car c’est à la Banque centrale européenne (BCE) qu’il revient de décider. Le mécanisme de surveillance unique prévu par l’Union bancaire dans la zone euro prévoit en effet que la décision d’octroyer ou non un agrément bancaire est du ressort de Francfort, quelle que soit la taille de l’entreprise considérée.

Une réserve de dernière minute de la part de la BCE ne peut être exclue, mais il est probable que Francfort suive l’avis favorable de la BNB, qui lui a transmis le dossier. D’autant plus probable que le dossier a été étudié en commun par les deux régulateurs, national et européen. Francfort a jusqu’au 24 février pour faire connaître sa décision.

"Simple, durable"

Près de neuf ans après sa création, la coopérative s’apprête donc à devenir ce qu’elle toujours voulu être: une banque. "Promouvoir la création d’une nouvelle banque coopérative en Belgique, pour offrir un service simple, sûr et durable à tous les citoyens, aux associations, aux mouvements sociaux et aux entrepreneurs", tel est l’objet social de NewB décrit dans l’acte constitutif, lequel remonte à mai 2011. Depuis, la coopérative a connu une longue gestation, alignant petit à petit les pièces du puzzle et levant en plusieurs étapes 15 millions d’euros, dont plus de 10 millions ont été mangés par ce travail de mise en place.

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La BCE se prononcera au plus tard le 24 février sur la demande d’agrément bancaire de NewB.

Mais en fin d’année dernière, la coopérative a battu le rappel pour une nouvelle grande levée de fonds, réunissant 35 millions d’euros derrière son projet. Tel était le plafond maximal fixé pour cette campagne hors normes, relayée sur les réseaux sociaux par les nombreuses associations fondatrices et par une foule de particuliers qui ont assuré une pub d’enfer au projet. Une leçon de marketing viral.

Réunir cette somme importante, qui correspond à un peu plus de trois années de fonctionnement selon le plan d’affaires de NewB, était une des conditions fixées par le régulateur. D’autres chapitres du projet NewB ont été étudiés de près, nous revient-il, comme la gouvernance, les compétences et l’infrastructure IT.

Avant l’été

Si NewB obtient bien de la BCE le bout de papier qui change tout, la coopérative entend démarrer rapidement ses activités bancaires, dès mai-juin prochain. Rapidement mais sans folie. "Nous allons commencer modestement et prudemment", nous indiquait Bernard Bayot, le président de la coopérative, à la clôture de la levée de fonds, fin novembre.

NewB démarrera avec quelques produits de base: compte-courant avec carte de débit et compte d’épargne, prêts à tempérament axés sur la transition énergétique et assurances.

NewB démarrera avec quelques produits de base: compte-courant avec carte de débit et compte d’épargne, prêts à tempérament axés sur la transition énergétique (mobilité douce, rénovation de l’habitat) et assurances (auto, vélo, incendie). La gamme s’étoffera ensuite progressivement, notamment avec quelques fonds d’investissement socialement responsables, prévus en 2021.

NewB s’annonce par ailleurs comme une banque sobre, avec des salaires modérés, une tension salariale limitée à un rapport de 1 à 5, pas de voiture de société, pas de bonus non plus… Elle sera participative aussi, puisque ses orientations stratégiques seront déterminées par ses coopérateurs, chacun ayant une voix au moment de voter indépendamment de son apport financier.

La maison pense avoir trouvé la parade pour contrer la faiblesse des taux d’intérêt. Entre autres options retenues, NewB a par exemple décidé de ne pas rémunérer les dépôts de ses clients, ni sur ses comptes à vue ni sur ses comptes d’épargne.

Premier profit prévu en 2024

La future banque durable entend aussi faire la différence sur les coûts. "Nous sommes une fintech, avec une structure très légère et avec un maximum de coûts variables. Nous n’aurons pas de réseau d’agences à financer, ni de vieux systèmes IT à adapter à l’ère numérique. Le coût de notre plateforme IT sera proportionnel au nombre d’utilisateurs, autrement dit nous achetons un droit d’usage à notre fournisseur."

Dans son plan d’affaires, NewB prévoit d’accumuler les pertes jusqu’en 2023 (26 millions d’euros de perte cumulée) avant de passer dans le vert en 2024, avec un profit net estimé de 1,9 million d’euros.

La coopérative table d’ici cinq ans sur 178.000 coopérateurs-clients, 47 collaborateurs et un total de bilan d’un peu plus de 300 millions d’euros.

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