Les procédures anti-blanchiment lacunaires chez Degroof Petercam

L'imposant siège de la banque Degroof Petercam à Bruxelles. ©Dieter Telemans

Il nous revient qu'un audit réalisé par l’autorité de contrôle du secteur financier a révélé de nombreuses irrégularités en matière d’application des règles anti-blanchiment d’argent au sein de la banque Degroof Petercam. La banque réfute "formellement" toute accusation.

Ce mercredi, l’information a filtré à propos d’un possible changement au sein de l’actionnariat de Degroof Petercam, le principal acteur en banque privée du pays après les quatre grandes banques. Une partie de la banque – voire même l’ensemble de l’institution si l’on en croit certaines sources – pourrait être cédée. Belfius est notamment souvent citée comme possible candidate à la reprise.

Mais il semblerait que ce dossier soit au minimum contrarié par une analyse menée par la Banque Nationale en matière de respect des règles anti-blanchiment au sein de l’institution. Mercredi, nos confrères du quotidien flamand "De Standaard" ont révélé les déboires de la banque et l’existence d’un dossier ouvert à ce sujet par les autorités de contrôle.

"De nombreuses irrégularités ont été mises au jour"
Une source

La Banque Nationale se refuse à tout commentaire. Dans un premier temps, cette réaction était partagée par Degroof Petercam. Néanmoins en fin d'après-midi, la banque lançait un communiqué dans lequel elle réfute "formellement toute accusation de faits de blanchiment".  "La Banque Nationale de Belgique a mené un audit des procédures de contrôle interne de Degroof Petercam en matière de prévention du blanchiment de capitaux, comme elle le fait régulièrement pour les institutions bancaires qu’elle contrôle." La banque affirme être pour l'heure occupée à mettre en place les recommandations qui en ont découlé. 

"Il ne s’agissait donc pas d’une enquête de la Banque Nationale de Belgique pour des faits de blanchiment au sein de la banque."

Plusieurs sources nous ont indiqué que cette inspection était en cours depuis au moins six mois suite à un audit mené par la Banque Nationale. "De nombreuses irrégularités ont été mises au jour", a-t-on pu entendre.

Vendredi De Standaard indiquait qu'au cours de l'audit, d'éventuelles infractions pénales avaient été mises au jour; raison pour laquelle le dossier a été transmis à la justice bruxelloise. Celle-ci a entamé une enquête sur ces éventuelles irrégularités en matière d'application des règles anti-blanchiment.

Une grosse affaire?

Actuellement, la nature des irrégularités reste incertaine. Il semblerait cependant que l’audit ne pourra pas être clôturé rapidement, ce qui laisse supposer qu’il s’agit d’un dossier de grande envergure. Il faudra se montrer patient pour connaître les conséquences de cette analyse, par exemple le paiement d’une amende ou le renvoi du dossier devant les tribunaux.

Avec cette intervention, la Banque Nationale démontre à nouveau qu’elle prend son rôle d’autorité de contrôle très au sérieux. Ces dernières années, elle a entre autres mené des enquêtes au sein d’Optima Banque, de la société de Bourse Weghsteen et récemment encore chez RES Prepaid à Louvain, qui commercialise un système de paiement alternatif. Il a aussi été question d’audits et de manquements, mais dans la plupart des cas, de nature différente.

L’attention accordée par les autorités de contrôle au blanchiment d’argent a beaucoup augmenté ces derniers temps, ce qui explique en partie pourquoi de gros dossiers font régulièrement surface, comme chez ING aux Pays-Bas, Danske Bank et Swedbank. Même la banque Triodos s’est récemment fait taper sur les doigts par De Nederlandsche Bank, la banque centrale néerlandaise, pour des lacunes mises au jour dans son système anti-blanchiment.

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