La chute de Dexia restera-t-elle sans coupable?

Nommé par la France après la culbute de Dexia en 2008, Pierre Mariani était aux commandes lorsque le groupe bancaire a totalement sombré en octobre 2011. ©REUTERS

Le parquet de Bruxelles demande à la chambre du conseil de ne pas poursuivre les personnes impliquées dans la chute de Dexia qui a laissé sur le carreau de nombreux petits actionnaires.

Les anciens responsables de Dexia vont-ils être condamnés pour la chute du groupe bancaire? Il semble que la réponse sera négative. Alors qu'une enquête était en cours pour tenter de trouver des coupables, la justice annonce que personne ne devrait être poursuivi dans ce dossier.

Près de 7 années se sont passées depuis la chute finale de Dexia. Une chute observée alors que l'État avait déjà procédé en 2008 au sauvetage du géant bancaire en injectant 6 milliards d'euros.

Aujourd'hui, on connaît l'histoire. La culbute du géant emportant sur son passage le holding Crédit Communal et Arco, deux de ses actionnaires. Les Etats belge et français ont dû se porter garants; la banque a été dépecée pour ne garder au final que la "bad bank" et son portefeuille financier.

Mais de l'autre côté du décor, il y a aussi les petits actionnaires particuliers qui ont dû acter une importe perte de leur portefeuille d'actions. En 2011, à l'initiative d'un groupe de défense des intérêts des petits actionnaires Dolor, certains se sont tournés vers la justice dans l'espoir d'obtenir un dédommagement. Ils estimaient avoir été dupés par une mauvaise communication dans la perspective du démantèlement. Dans le viseur: le CEO de l'époque, Pierre Mariani, et d'autres responsables politiques.

Une enquête préliminaire avait alors été ouverte. Elle avait débouché en 2012 sur une enquête pénale menant notamment à une série de perquisitions dans les locaux des Dexia et de ce qui, à l'époque, s'appelait encore Dexia Banque Belgique (Belfius, à ce jour). L'enquête portait principalement sur des soupçons de manipulation de marché. 

"Le 31 janvier 2014, un juge d'instruction a été désigné afin de mener une enquête contre X sur des faits de manipulation de marché", explique la porte-parole du parquet. "Il s'agit plus particulièrement d'infractions à l'article 396 1 de la loi du 2 août 2002 sur la surveillance du secteur financier et des services financiers joint à l'article 649,4° de la législation sur les sociétés, pour la période du 1er septembre 2008 au 2 novembre 2011. Cette enquête judiciaire est née de plaintes reçues par le parquet émanant de deux actionnaires de Dexia, alors qu'une enquête avait initialement été lancée fin novembre 2011."

Depuis silence radio sur le dossier. Dolor avait bien annoncé le 4 décembre dernier que le dossier devait passer en chambre du conseil du tribunal de première instance.

Il s'avère toutefois aujourd'hui que la possibilité est réelle que l'enquête ne débouchera sur rien. Le parquet de Bruxelles demande à la chambre du conseil de ne pas poursuivre les personnes impliquées. Reste à voir si la chambre du conseil suivra cette optique. "Le parquet confirme que, dans le cadre du règlement judiciaire concernant Dexia et Monsieur Mariani Pierre, une requête finale de fin de poursuites a été déposée."

Les actionnaires de Dexia, qui se sont constitués parties civiles, peuvent toujours faire appel de la décision. 

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