La fenêtre se referme pour une IPO de Belfius

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Entre le conseil d’administration de la banque, qui veut une solution au problème Arco avant une entrée en Bourse, et un gouvernement fédéral qu’une IPO ratée pénaliserait, un report à un moment plus favorable se dessine.

Y aura-t-il jamais une fin à cette interminable saga qu’est devenue la préparation de l’entrée en Bourse de Belfius? Alors que le gouvernement fédéral n’a pas encore donné le "go" officiel à une cotation de quelque 30% du capital de la banque (détenue pour l’heure à 100% par l’État), voilà que le conseil d’administration de Belfius s’est entendu sur le fait que le cas Arco devait être réglé avant une IPO (pour "initial public offering").

Qu’auraient à gagner les partis de la majorité si Belfius entame sa vie boursière avec un cours en berne et ce, à quelques encablures des élections législatives?

Pour rappel, le groupe coopératif Arco, issu du Mouvement ouvrier chrétien (MOC), était l’un des principaux actionnaires de Dexia et a sombré en 2011, en même temps que celui-ci. Près de 800.000 coopérateurs, en grande majorité flamands, ont pris des parts Arco, qui ne valent plus rien.

Le gouvernement fédéral (l’actuel à la suite du précédent) s’est engagé sur une solution qui permette aux coopérateurs de récupérer une partie de leur mise. Une enveloppe de 600 millions d’euros est prévue, dont les deux tiers doivent venir d’un dividende pré-IPO versé par la banque à l’État.

Si rien n’a été concrétisé jusqu’à présent, c’est que le gouvernement peine à trouver la formule qui ne soit pas frappée de nullité par la Commission européenne, pour cause d’aide d’État.

En juillet dernier, à l’issue de ses travaux budgétaires, le gouvernement avait tout de même annoncé qu’il lançait la préparation de l’IPO de Belfius, pour une cotation effective au plus tôt dans la deuxième moitié du mois d’octobre. De quoi mettre les élections communales derrière soi.

Pas de solution Arco sans IPO…

L’indemnisation des coopérateurs Arco, quant à elle, n’interviendrait qu’après l’IPO de la banque. Sans IPO, pas d’indemnisation assurait le gouvernement. Au passage, l’exécutif indiquait que seuls les particuliers y auraient droit, ce qui, selon lui, permet d’échapper aux reproches européens. "Nous informerons l’Europe de cet accord, un feu vert préalable n’est pas nécessaire", avançait même Kris Peeters, le vice-Premier ministre (CD&V). C’est son parti qui tient absolument à ce qu’une indemnisation des coopérateurs se fasse. Et pour cause: Arco, c’est la famille politique et électorale du CD&V.

La commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, avait aussitôt fait savoir qu’elle n’en gardait pas moins le dossier à l’œil. À ce jour, sa position reste une inconnue. Nombreux sont toutefois les observateurs à parier sur le fait que l’Europe bloquera à nouveau.

… et pas d’IPO sans solution Arco

Revenons à l’avis arrêté par le conseil d’administration de Belfius jeudi soir: il faut régler le cas Arco avant de passer à la case IPO. C’est en somme l’inverse de la position du gouvernement: pas d’IPO sans solution Arco.

Cela se tient: l’insécurité que représente le dossier Arco pollue la belle histoire que la banque veut vendre aux investisseurs. Arco est une inconnue qui pèse sur la valeur de Belfius, dans un contexte boursier déjà peu favorable, depuis des mois, aux valeurs bancaires mises sous pression par des taux d’intérêt de référence encore et toujours bas. Il y a là un risque que les administrateurs de la banque ne veulent pas prendre. Compréhensible mais n’y avait-il pas moyen de le faire savoir plus tôt?

De toute façon, le gouvernement n’est plus chaud à l’idée de pousser sur le bouton IPO, nous revient-il. Il préfère attendre une fenêtre plus favorable. Au plan boursier mais aussi électoral: qu’auraient à gagner les partis de la majorité si Belfius entame sa vie boursière avec un cours en berne et ce, à quelques encablures des élections législatives?

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