La FSMA visitera prochainement les bureaux de BNP Paribas Fortis

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En 2009, BNP Paribas Fortis a favorisé les obligations grecques en dépit des alertes. Des milliers de clients particuliers, même défensifs, ont plongé, peut-on lire samedi dans Le Soir.

Jusqu'à la mi-décembre 2009, malgré la chute de la Bourse d'Athènes, l'entrée de la Grèce en récession et les exhortations de Bruxelles envers Athènes, la banque BNP Paribas Fortis a continué à faire la promotion des obligations d'Etat grecques auprès de ses clients particuliers les plus frileux, de profils défensifs et même conservateurs.

BNP Paribas Fortis se défend, arguant qu'il n'y "avait aucune raison de douter de l'exactitude des données ou de la solvabilité de la Grèce à ce moment-là".

Fin novembre, un mail interne a pourtant donné l'alerte à divers cadres de l'entreprise, notamment en Private Banking, mais n'a pas été entendu. Cinq ans plus tard, pour les victimes, la perte oscille entre 50 à 60% de leur investissement.

Lors d'un incident lié à une autre obligation grecque en décembre 2012, les courriers internes de la banque révèlent que "près de 15.000 clients" sont concernés par ces dossiers. Et dans ce nouveau cas, se trouvent aussi des particuliers au profil défensif.

BNP Paribas Fortis a indiqué dimanche réfuter les affirmations du journal Le Soir, dit-elle dans un communiqué, regrettant des "allégations erronées".

En novembre 2009, Standard & Poor's et Moody's avaient respectivement attribué des notations "A-" et "A1" à ces obligations de l'Etat grec. Ces notes indiquent une capacité élevée du débiteur à honorer ses engagements financiers, estime BNP Paribas Fortis, qui ajoute que ces obligations ont été rétrogradées le 16 décembre 2009 à "BBB+" par l'agence de notation S&P. "A cette même date, la banque a immédiatement pris la décision de retirer ces obligations de sa liste des placements secondaires, disponibles à l'achat sur demande des clients.

Sur la période, seuls quelques dizaines de clients ont fait le choix de souscrire à cette obligation", rappelle BNP Paribas Fortis. Contrairement à ce que rapporte le Soir, ce ne sont donc pas 15.000 clients qui sont concernés par ce dossier, affirme la banque.

De son côté, le quotidien annonce dimanche sur son site internet que le régulateur du marché belge (la FSMA) a décidé d'ouvrir un dossier d'analyse pour vérifier ces allégations et que des contacts ont déjà été établis avec la banque. Une visite dans les locaux de la banque est d'ailleurs prévue dans les prochains jours.

Ces informations ont été confirmées par BNP Paribas Fortis. "C'est la procédure normale. Effectivement, on aura le plaisir de les accueillir ces prochains jours et nous pourrons nous expliquer", explique un porte-parole de la banque, cité par Le Soir.  La FSMA précise cependant que "c'est seulement si la phase d'analyse se révèle positive, que l'information est vérifiée, que nous décidons alors d'ouvrir une phase d'enquête"

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