La garantie d'État belge moins solide que celles des pays voisins

Les garanties publiques proposées par l'Etat fédéral et la Banque nationale exposent davantage les banques belges que leurs homologues européennes. ©BELGA

Le système de garantie publique mis en place pour soutenir les entreprises face à la crise expose trop les banques, estime l'agence de notation Moody's. Leur rentabilité va être mise sous pression.

Le régime de garantie publique promulgué par le gouvernement fédéral pour octroyer de nouveaux crédits aux entreprises est "moins protecteur pour les banques" que ceux en vigueur dans d'autres États européens, estime Moody's. 

L'agence de notation souligne le fait que le système mis en place en Belgique "prévoit que les pertes soient entièrement couvertes par les banques, à moins d’un ralentissement économique nettement plus significatif qu’anticipé actuellement". Les banques belges devraient dès lors augmenter leurs provisions pour risque de crédit, "ce qui pèserait sur leur rentabilité". 

"A moins d’un ralentissement économique nettement plus significatif qu’anticipé actuellement, les pertes seront entièrement couvertes par les banques."
Moody's

Au mois de mars, l'exécutif fédéral annonçait la mise sur pied d'un mécanisme de garantie publique qui doit permettre aux banques de soutenir les entreprises non financières en difficulté en cette période de crise économique. L'État, par le biais de la Banque nationale, s'engage ainsi à dégager 50 milliards d'euros dans ce but pour les crédits accordés entre le 1er avril et le 30 septembre. C'est le fameux "bazooka" dégainé par le ministre des Finances Alexander De Croo.

Selon l'accord noué avec la fédération du secteur financier Febelfin, les banques assument la totalité des pertes sur la première tranche de 3% des défauts sur leur portefeuille de référence. Entre 3% et 5% de défaut, les banques et les pouvoirs publics se répartissent équitablement la charge. Au-delà de 5% de défaut, les pertes sont supportées à 80% par l'Etat, le solde demeurant sur les épaules du secteur financier.

Scénario du pire

D'après les analystes de Moody's, cette répartition fait que ce sont les banques seules qui porteront le fardeau des pertes dues à la crise, l'État n'intervenant qu'une fois un certain seuil de défaut atteint. Ce seuil représente "un scénario bien plus grave que les prévisions actuelles". Même si les garanties du gouvernement étaient activées, les banques belges souffriront d'au moins 20% des pertes sur les prêts défaillant, estime Moody's. Cela va les forcer à augmenter leurs provisions pour pertes de crédit "au détriment de la rentabilité".

Plus tôt ce mois-ci, KBC avait annoncé anticiper jusqu'à 1,6 milliard d'euros de réductions de valeur sur les crédits cette année, après un premier trimestre où celles-ci ont déjà atteint 121 millions d'euros. Son CEO Johan Thijs avait en outre plaidé pour un nouveau crédit aux entreprises garanti par l'État qui pourrait s'étaler sur une plus longue durée, de manière à sauver les PME en difficulté qui auront besoin de trois à quatre ans pour ce faire.

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