La néobanque belge, par les jeunes pour les jeunes

La très jeune équipe d'Upy, avec (de gauche à droite), le CEO Morgan Wirtz, le CSO Donald Mertens, Philippe Hennin, Jean-Paul Iraguha et le CFO William Diercxsens. ©fabrice debatty

Le paysage bancaire belge va bientôt être bousculé par Upy, une néobanque noir-jaune-rouge, qui veut apprendre aux ados à gérer leur argent.

Depuis 2016, les néobanques s'attaquent au marché belge, où quatre enseignes se partagent la part léonine du gâteau. Cette année, les actrices bien connues que sont la Britannique Revolut ou l'Allemande N26 vont être rejointes par un autre challenger: Upy. Un projet 100% belge qui, à la différence de la plupart des autres challengers, va se concentrer sur un segment très précis de clients, à savoir les adolescents.

Et pour s'adresser aux ados, quoi de mieux qu'un entrepreneur qui en était un il n'y a pas si longtemps? Morgan Wirtz, le CEO d'Upy, est ainsi à peine âgé de 22 ans! La moyenne d'âge de la dizaine de collaborateurs de la start-up est à peine plus élevée, puisque le doyen vient de fêter ses 36 ans.

"Apprendre à gérer son argent est une question brûlante, on voit qu'il y a un manque d'éducation financière des Belges."
Morgan Wirtz
CEO d'Upy

Malgré son jeune âge, Morgan dispose déjà d'un CV impressionnant. S'il a entamé des études à l'Ichec, c'est cependant dans le domaine sportif qu'il s'est illustré. En 2018, il fait partie du duo qui concourt pour la Belgique au Red Bull Foiling Generation, un championnat de voile mondial destiné aux moins de vingt ans où il décroche la seconde place. "C'est là que j'ai vraiment été attiré par le marketing, via tout ce que Red Bull a fait dans ce domaine", explique-t-il.

Aspect éducatif

En 2018 toujours, à même pas vingt ans, il fonde Uppr, une agence de marketing en ligne. "Mais je voulais vraiment lancer un produit! Et le monde de la banque numérique m'a directement intéressé, c'est pourquoi j'ai beaucoup analysé tout ce qui concerne les néobanques", poursuit-il.

C'est au début de l'année passée que Morgan Wirtz décide de lancer la machine. Après avoir beaucoup consulté, il réalise une étude de marché auprès de 600 parents. Il dessine alors une banque au fonctionnement ultrasimple dont le premier rôle est éducatif. "Apprendre à gérer son argent est une question brûlante, on voit qu'il y a un manque d'éducation financière des Belges", constate-t-il.

"Nos vrais clients sont les parents. Ce sont eux qui ouvrent le compte pour leur enfant, qui gèrent les paramètres, l'épargne et les dépenses via une application miroir."
Morgan Wirtz
CEO d'Upy

Comme il n'est jamais trop tôt pour apprendre, Upy est destinée aux enfants et adolescents à partir de dix ans. N'est-ce pas un peu jeune pour disposer de sa propre carte? "Au contraire, car c'est justement à cet âge-là que l'on commence à recevoir de l'argent de poche, à devenir indépendant en allant seul à l'école et en gardant la maison", rétorque le jeune patron.

La nouvelle génération, biberonnée aux appareils numériques, préfère "apprendre en faisant". "Je vois comment ça marche, je sors moi-même de l'adolescence", lance Morgan Wirtz dans un clin d'œil.

Soutiens de choix

"Évidemment, nos vrais clients sont les parents!", précise rapidement le CEO. "Ce sont eux qui ouvrent le compte pour leur enfant, qui gèrent les paramètres, l'épargne et les dépenses via une application miroir." Si des achats en ligne sont effectués, ils le sont sous la tutelle des parents. Ceux-ci ont en outre la possibilité de fixer eux-mêmes un taux d'intérêt qu'ils rétribueront à leur enfant pour le récompenser de son épargne.

Pour financer la start-up, Morgan Wirtz a pu compter sur le soutien d'un business angel belge bien connu et de Mastercard, qui ont injecté plusieurs centaines de milliers d'euros dans l'aventure. La Société Générale, qui l'a aidé à obtenir une licence française pour opérer au sein de l'UE, ainsi que l'agence de pub Air sont également partenaires d'Upy. La néobanque entend encore lever un million d'euros cette année.

250.000
euros
Un business angel belge a investi 250.000 euros dans Upy. Mastercard a également financé la néobanque, qui dispose aussi du soutien de la Société Générale.

L'application Upy sera disponible à partir de la fin avril et sera soutenue par une campagne sur les réseaux sociaux prisés de la génération Z. D'ici la fin de l'année, la néobanque espère attirer 10.000 clients pour sa première année d'activité. Elle veut également s'attaquer à l'étranger rapidement. "Nous sommes pleins d'ambitions", conclut le champion de voile dans un sourire.

Le résumé

  • Upy est une néobanque belge qui vise les adolescents.
  • L'équipe est elle-même très jeune: le CEO a 22 ans et le doyen en a à peine 36.
  • La start-up bénéficie du soutien de la Société Générale et de Mastercard.
  • Elle vise 10.000 clients pour sa première année d'activité.

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