La notation de la Deutsche Bank abaissée

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L'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a abaissé mercredi d'un cran la note de Deutsche Bank, Barclays et Credit Suisse, en mettant en avant les risques liés à leurs importantes activités dans la banque d'investissement.

La note de la dette à long terme des trois établissements est désormais fixée à "A", dans le bas de la catégorie des investissements considérés comme fiables. Sa perspective d'évolution est "stable", ce qui implique que S&P n'envisage pas de la modifier à court ou moyen terme.

Pour ces trois banques, S&P relève les menaces sur leur "business model" que font peser la plus stricte régulation de leurs activités, la volatilité des marchés, la stagnation économique en Europe, les contentieux internationaux liés à la crise. Ces menaces croissantes l'emportent sur les efforts faits pour renforcer leurs fonds propres et réduire le montant de leurs actifs à risque.

S&P a simultanément confirmé la note "A-1" accordée à la dette court terme des trois groupes, selon des communiqués séparés publiés par l'agence.

Deutsche Bank était le seul des trois établissements à être menacé d'une telle décision, dans la mesure où il avait été placé sous surveillance pour un possible abaissement fin mars.

S&P estime que la capacité de la première banque allemande "à générer des revenus stables et prévisibles a décru". L'agence s'inquiète de la volatilité croissante des résultats de l'établissement résultant de sa dépendance de plus en plus marquée envers la banque d'investissement.

S&P estime aussi que la Deutsche Bank devrait figurer parmi les établissements les plus touchés par les nouvelles règles appliquées par les Etats-Unis aux banques étrangères, et notamment par les dispositions envisagées en matière d'effet de levier (qui pénalise les banques très engagées sur les produits dérivés).

La banque devrait aussi être affectée par les nouvelles dispositions réglementaires en Allemagne et dans le reste de l'Union européenne.

S&P applique les mêmes critères à Barclays, dont elle relève qu'elle tire 42% de ses recettes de la banque d'investissement, contre 38% en moyenne pour un échantillon de grandes banques mondiales. Barclays se situe ainsi au cinquième rang de cet échantillon pour sa dépendance envers les revenus de ce secteur.

L'agence relève que la note de la banque serait inférieure de deux crans (à "BBB+") si celle-ci n'était pas assurée de recevoir le soutien de l'Etat britannique en cas de difficultés, en raison de son importance "systémique".

Credit Suisse tire pour sa part 50% de son activité de la banque d'investissement, mais devrait pouvoir afficher des capitaux propres représentant 11% de ses actifs (pondérés par les risques). L'agence estime que l'établissement devrait être en mesure de respecter ses objectifs en matière de solvabilité dans les prochains 18 à 24 mois.

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