"La vache à lait est à sec", crient les petites banques

©Thierry du Bois

Alors que le gouvernement cherche à prélever 171 millions complémentaires auprès des banques, les petites institutions dénoncent une rage taxatoire qui met en péril leur rentabilité.

"Trop is te veel", clament les petites banques du pays alors que le gouvernement planche sur un nouveau prélèvement des institutions financières. Elles rappellent ainsi les efforts déjà fournis jusqu’ici par le secteur mais surtout par des banques qui n’ont pas fauté pendant la crise.

"Le cumul de toutes les taxes devient problématique pour les petites banques principalement actives dans l’activité de dépôts et de l’épargne. Proportionnellement, nous sommes plus touchés que les grandes banques. Et pour cause, quatre taxes sont imposées aux banques dont trois liées au volume des dépôts et une liée à l’activité de marché", explique Dirk Wouters de Bank van Breda.

Dans le cadre du contrôle, le gouvernement envisage en effet de relever la contribution au fonds de stabilité financière de l’ordre de 171 millions. Ce montant correspond exactement au montant versé cette année par les banques via la taxe supplémentaire liée à la récupération de l’ancien fonds de garanties des dépôts. Une taxe jusqu’ici limitée dans le temps.

"L’État ne peut pas constamment changer les règles du jeu", insiste Luc Versele, CEO du Crelan (ex-Crédit Agricole). "Cette nouvelle taxe coûtera plus de 10 millions d’euros au Crelan. Si on ajoute la réduction des marges d’intermédiation qu’on enregistre actuellement, ce nouveau prélèvement forcera vraisemblablement les banques à prendre des mesures au détriment du client et du bon fonctionnement de l’institution. La vache à lait est à sec", affirme-t-il.

Les deux représentants des banques soulignent en effet l’impact négatif qu’aura cette nouvelle taxe sur la rentabilité des banques. Une rentabilité qui, de la bouche même du gouverneur de la Banque nationale, reste faible.

Cri d’alarme

Actuellement, quatre taxes touchent le secteur: La taxe d’abonnement (dit Taxe Maystadt) sur les dépôts, la taxe pour alimenter le fonds de garanties des dépôts, la contribution au fonds de stabilité financière et la taxe sur les établissements de crédit, qui fait actuellement l’objet d’un recours en annulation devant la Cour Constitutionnelle.

"Entre 2007 et 2014, selon nos estimations, le montant total des taxes aura quintuplé à 756 millions. Si cette nouvelle taxe passe, on pourra faire fois six", explique Versele.

Le patron du Crelan rappelle également que l’Europe discute d’une taxe pour alimenter un fonds de garantie des dépôts. "Cela fera encore l’objet d’âpres discussions car, selon moi, il faudra alors transférer le fonds belge que nous avons alimenté dans le fonds européen", insiste-t-il.

Si les petites banques lancent un cri d’alarme aujourd’hui, du côté des grandes banques l’éventuelle mesure passe également mal.

"Les banques se sont toujours montrées ouvertes à la discussion mais là, il n’y a aucun dialogue possible pour les petites banques. C’est la taxe de trop", conclut le patron du Crelan. Dirk Wouters enchaîne en demandant au gouvernement d’arrêter de mettre toutes les banques dans le même sac. "C’est comme dire que tous les politiciens sont corrompus", s’exclame-t-il.

De son côté, le gouvernement a poursuivi ce mercredi ses discussions budgétaires (lire en page 5). Il aurait toujours la ferme d’intention d’obtenir 171 millions des banques.

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