La Wallonie dit non à la privatisation de Belfius

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André Antoine entendait répliquer aux propos énoncés en 2014 par le ministre des Finances et s'opposer à la privatisation de Belfius. Soutenue aussi par les socialistes, il a soumis une résolution approuvée en commission du Parlement wallon.

La commission des Pouvoirs locaux du parlement wallon a approuvé mardi une proposition de résolution s'opposant à toute privatisation de la banque Belfius, un texte jugé nécessaire par la majorité PS-cdH à l'approche du prochain contrôle budgétaire fédéral, mais que le MR considère comme de l'agitation politique.

Cette proposition du président du parlement André Antoine (cdH), portée aussi par le PS, visait initialement à répliquer à des déclarations du ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) qui envisageait en octobre 2014 de vendre des parts que l'Etat détient dans l'ex-Dexia (auparavant Crédit communal), soutien traditionnel des communes belges, afin de soutenir la trajectoire budgétaire.

"Il est vrai que l'on n'entend plus ce genre de velléités au fédéral maintenant que la banque engrange des résultats, mais nous maintenons le texte", a affirmé Dimitri Fourny, chef de groupe cdH. Son homologue du PS Christophe Collignon a embrayé: la tentation risque de se profiler à nouveau lors du prochain contrôle budgétaire fédéral.

Un rapport d'experts, mandatés par la ministre pour faire le point sur l'avenir du secteur financier, met également en avant l'importance dans la décision du gouvernement de prendre en considération le volet social et la nécessité d'avoir une banque d'ancrage belge. Un ancrage dont l'importance est également soulignée par la direction de la banque.

Mais pour le chef de groupe MR Pierre-Yves Jeholet, la menace avait déjà été écartée à l'époque par le scepticisme affiché par le ministre du Budget de l'époque Hervé Jamar (MR), car "le MR tient à l'ancrage belge de Belfius". Il s'interroge donc sur l'actualité de ce texte, qui ne vise à ses yeux qu'à créer une polémique dogmatique en faisant peur aux mandataires locaux.

Quant à Ecolo, il rejoint la majorité: la "menace" d'une privatisation reste présente, selon Stéphane Hazée, qui a toutefois déposé des amendements - acceptés par la majorité - pour concrétiser des engagements en comité de concertation.

Le ministre Paul Furlan (PS), qui avait affirmé en janvier 2015 que son cabinet étudiait l'éventualité d'une montée de la Région wallonne au capital de Belfius en cas de lâchage par le Fédéral, a d'ailleurs reconnu que la proposition n'entrait pas dans ses compétences, mais dans celles du ministre-président ou du ministre du Budget, et que l'étude n'était pas aboutie, ce qui a irrité l'opposition MR et Ecolo. Le texte sera adressé à l'ensemble du gouvernement.

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