Le Boss de KBC relance la guerre du crédit hypothécaire

©jonas lampens

Johan Thijs, le patron de la KBC, a profité de la présentation de ses résultats trimestriels pour aiguillonner ses concurrents sur les crédits hypothécaires.

L’homme est coutumier du fait. Ce n’est pas la première fois que Johan Thijs, le patron de la KBC, utilise la présentation des résultats trimestriels de sa banque pour faire passer son message. En novembre 2017, il avait ainsi déclaré qu’il fallait durcir les règles pour l’octroi des crédits hypothécaires. Ce jeudi, son sujet tournait toujours autour des crédits hypothécaires mais ciblait ses concurrents: "Les grandes banques ont lancé ces derniers mois une offensive sur le crédit hypothécaire", a-t-il déclaré.

Selon lui, cette guerre pèse grandement sur les marges bénéficiaires. Mais rien ne semble vouloir arrêter ce cercle vicieux puisque la KBC elle-même indique offrir, pour rester compétitive, des taux planchers. Johan Thijs déplore toutefois le "pas de trop" fait par certaines banques. "Il n’est pas sain de voir de grandes banques vouloir gagner des parts de marché alors que la rentabilité est de plus en plus sous pression", a-t-il déclaré. Une remarque qui vise un acteur comme Belfius ou des plus petits comme Keytrade ou la banque 100% digitale de BNP Paribas Fortis, Hello bank!.

Du côté de la banque au logo bleu qui fêtait ce vendredi son cinquième anniversaire (lire l’encadré), on tient à rappeler qu’elle a été la première banque belge à proposer un crédit hypothécaire en ligne. "L’objectif de Hello bank! n’est pas de déclencher une guerre des prix mais d’offrir une solution compétitive et un service personnalisé tout au long du processus immobilier", indique Valéry Halloy, son porte-parole.

1,5%
C’est le taux qu’annoncent les sites spécialisés de comparaison pour un prêt sur 20 ans.

Pour rappel, chez Hello bank!, il n’y a pas de négociations possibles sur le taux. En fonction de votre demande, vous recevez une proposition de taux à prendre ou à laisser. Et en toute transparence, la banque 100% digitale n’a pas peur d’indiquer qu’elle a un taux de conversion plus faible qu’une banque dite traditionnelle. Ainsi en 2017, sur 311.000 simulations de prêts effectuées sur son site, 3.100 se sont muées en demandes. Et de ces 3.100, la conversion en prêts est donc moindre que pour une banque traditionnelle. Par contre, la plateforme élargit dès demain son offre aux terrains à bâtir et aux nouvelles constructions.

Belfius ne souhaite pas s’étendre sur le sujet. "Nous offrons des tarifs concurrentiels parce que le marché hypothécaire est très important pour nous", déclare Ulrike Pommée, la responsable communication de la banque détenu à 100% par l’Etat belge. Pas question donc de casser les prix. Pour ING, Julie Kerremans, porte-parole, expose que les taux et les parts de marché des crédits hypothécaires au sein de l’institution au lion sont restés relativement stables.

La fin de la compétition n’a pas encore sonné

Du côté du marché, on n’avait pas hésité à annoncer début 2018 une légère augmentation des taux d’intérêt cette année. Pour l’instant, on ne peut pas dire que ce soit le cas. Les sites comparatifs spécialisés établissent aujourd’hui le taux fixe pour un prêt de 20 ans à 1,5%. Néanmoins, les experts mettent en garde: tous les prêts ne sont pas aussi avantageux qu’ils le prétendent. "Les grandes banques se battent pour décrocher principalement des dossiers sur de courtes périodes, jusqu’à 20 ans, et dont le montant emprunté ne dépasse pas les 80% du prix d’achat, explique John Romain d’Immotheker-Finotheker. En outre, l’attention est encore trop focalisée sur les taux d’intérêt, là où le client devrait davantage s’intéresser aux coûts liés à son emprunt, par exemple les assurances incendie ou solde restant dû qui sont liés à l’emprunt."

Pour lui donc, la fin de la compétition n’a pas encore sonné. "Tant que les taux long terme européens resteront bas, les grandes banques n’augmenteront pas les tarifs de leurs prêts hypothécaires."

cinquième anniversaire | Hello bank! veut devenir une marketplace

Lancée mai 2013, Hello bank! compte aujourd’hui plus de 490.000 membres (fin du 1er trimestre 2018). Désormais, un jeune âgé entre 18 et 28 ans sur trois en est client en Belgique. Pour fêter ces cinq ans, la filiale de BNP Paribas Fortis annonce deux innovations: Hello Fins! et Connected Space. La première est un service de gestion de portefeuille discrétionnaire entièrement automatisé et en ligne. C’est une extension assez logique de son offre de produits. D’ailleurs, celui-ci était attendu depuis la prise de participation de BNP Paribas dans la fintech Gambit.

La seconde innovation vise à positionner la plateforme comme un écosystème offrant à ses clients un service d’accompagnement dans leur vie de tous les jours à travers une interface unique. Et pour évoluer vers un modèle de banque-plateforme où l’on fait son shopping dans une sorte de supermarché en ligne, où les rayons seront remplis d’offres financières et non financières variées, Hello bank! mise sur les API, des interfaces de programmation qui peuvent servir à intégrer et associer les services de différents prestataires. Une stratégie qui découle de l’Open banking et de la directive sur les services de paiements (PSD2). Ainsi, Hello bank! va proposer d’ici la fin de l’été une interface unique reprenant un agrégateur de compte, un outil de gestion de finance personnelle et un processus pour initier des paiements instantanés. Et de fil en aiguille, devenir une véritable marketplace.

 

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