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Le crowdlending souhaite une fiscalité plus avantageuse

Les principales plateformes de crowdlending se sont réunies pour faire part de leur souhait d'une fiscalité plus favorable.

Les principaux acteurs du crowdlending souhaitent une exonération du précompte mobilier afin de rendre le prêt entre particuliers et petites entreprises plus attractif.

Les plateformes de crowdlending partent en lobbying. À l'heure où le plan de relance est sur toutes les lèvres, les principaux acteurs belges du financement participatif  ont une idée à souffler au gouvernement pour participer à la reprise. Ces derniers ont décidé de se mobiliser afin de persuader les autorités fédérales d'exonérer le précompte mobilier sur les taux d'intérêt.

En clair, ils souhaiteraient que les prêteurs particuliers ne soient plus taxés sur les revenus générés par les crédits qu'ils octroient aux petites entreprises. Selon les porteurs de l'idée, l'allègement fiscal ne disposerait que d'avantages.

Avantager l'emprunteur

"L'ambition serait de profiter de cette exonération, non pas pour améliorer le rendement pour le prêteur, mais plutôt pour rendre le crédit plus attrayant pour l'emprunteur.

"Aujourd'hui, lorsque l'on propose des emprunts avec ces taux, certains entrepreneurs hésitent encore. Avec une telle diminution, on pense que cela pourra faire la différence."
Maxime Housiaux
CMO de Look&Fin

L'idée serait de profiter de l’exonération du précompte mobilier pour diminuer le coût de financement de la petite entreprise. Pour offrir un taux de 4% au prêteur  afin de récompenser sa prise de risque, l’emprunteur ne devrait plus payer un intérêt annuel de 5,7%  mais seulement de 4%", illustre Pierre-Yves Pirlot, le cofondateur de la plateforme Ecco Nova, spécialisée dans le crowdlending de projets écoresponsables.

 "Aujourd'hui, lorsque l'on propose des emprunts avec ces taux, certains entrepreneurs hésitent encore. Avec une telle diminution, on pense que cela pourra faire la différence dans une série de cas", assure de son côté Maxime Housiaux,  le CMO de Look&Fin, le leader belge du marché du financement participatif.

Sur base de la croissance actuellement du marché, les plateformes ont d'ailleurs tenté de chiffrer quelles seraient les conséquences d'une telle réforme. Selon leur estimation, une telle mesure "permettrait d’injecter près de 300 millions d’euros d’épargne dans nos petites entreprises dans les 2 prochaines années".

Budgétairement neutre

La bonne nouvelle, c'est que cette exonération, si elle devait être acceptée par le gouvernement, ne nécessiterait pas de partir d'une page blanche.

"La mesure existe déjà pour les jeunes entreprises. Il suffirait  d'adapter la législation pour permettre aux PME, qui portent l'économie belge, d'également en profiter", assure Look&Fin. Facile à mettre en place, l'allègement fiscal aurait aussi le gros avantage de ne rien coûter à l'État.

"Dans le pire des cas, l'opération que nous proposons serait neutre financièrement. Mais en investissant directement dans l'économie locale, on obtient une série d'effets indirects à moyen et long terme."
Pierre-Yves Pirlot
Cofondateur de la plateforme Ecco Nova

l'heure actuelle, le précompte mobilier sur l'épargne des Belges ne rapporte rien à l'État. Aujourd'hui, avant que l'État ne récupère une partie de taxation,  il faut au moins un rendement de 990 euros par an par compte. Pour obtenir un tel montant, il faut donc au moins 900.000 euros sur un compte épargne. Dans les faits, ce n'est que très rarement le cas", explique Maxime Housiaux.

"Dans le pire des cas, l'opération que nous proposons serait neutre financièrement. Mais en investissant directement dans l'économie locale, on obtient une série d'effets indirects à moyen et long terme. En injectant l’épargne dormante dans l’économie réelle, de nouveaux revenus fiscaux sont espérés via la croissance et les emplois générés…", assure Pierre-Yves Pirlot.

Sur la table du politique

À l'heure actuelle, la proposition est toujours sur la table du gouvernement. "Elle a été proposée à plusieurs cabinets ministériels concernés par le plan de relance. Elle doit encore être discutée, mais il y a un réel intérêt pour la proposition", assurent les responsables. "Le souhait n'est certainement pas de faire passer une partie du risque auprès de l'État. On ne demande d'ailleurs aucune garantie, mais simplement de stimuler l'investissement dans l'économie locale."

Le résumé

  • Les plateformes de crowdlending souhaitent une exonération sur le précompte mobilier.
  • Un bon moyen, selon elles, pour stimuler l'épargne des Belges et investir dans l'économie locale.
  • La mesure serait facile à mettre en place, grâce à une base juridique existante.
  • L'opération serait également neutre au niveau budgétaire pour l'État.

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