Le G20 devrait avoir du mal à s'accorder sur une taxe bancaire

Les pays riches et émergents du G20 devraient avoir beaucoup de difficulté à s'entendre sur le principe même d'une taxation spéciale pour le secteur bancaire lors de leur sommet à Toronto (Canada), ce qui n'empêchera pas Américains et Européens de la mettre en place.

Le projet d'une taxe bancaire coordonnée est un sujet sur lequel le G20 a affiché des dissensions criantes.

D'un côté, les Etats-Unis, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont déjà des projets de taxe et veulent entraîner leurs partenaires. De l'autre côté, des pays comme l'hôte canadien, le Brésil, l'Australie ou l'Inde estiment que leurs banques n'ont pas à payer les erreurs d'institutions financières étrangères.

Dans ces conditions, les chefs d'Etat et de gouvernement devraient tâcher de trouver à Toronto un compromis suffisamment vague pour satisfaire tout le monde.

"Je crois qu'au niveau du G20, on n'arrivera à rien du tout", admettait jeudi le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Un compromis possible était esquissé dans le communiqué de la réunion ministérielle de Busan (Corée du Sud), le 5 juin. Il relevait "un ensemble d'approches" et la nécessité de "prendre en compte les circonstances particulières et les possibilités offertes à chaque pays".

Cette taxe est un des objectifs du G20 lors de son précédent sommet, à Pittsburgh (Etats-Unis) en septembre. Le groupe voulait alors que le Fonds monétaire international examine la façon pour le secteur financier d'"assurer une contribution juste et substantielle qui lui ferait payer la charge due aux interventions des Etats pour réparer le système bancaire".

Sept mois plus tard, le FMI arrivait avec des propositions novatrices. Il recommandait deux taxes: une "contribution à la stabilité financière" qui augmenterait avec les risques pris par chaque banque, et une "taxe sur les activités financières", forme de TVA pour un secteur qui y échappe largement.

Pour les adversaires de ces propositions, la taxation fait oublier l'essentiel, qui est de renforcer les obligations en fonds propres des banques. L'argument a du poids quand il est énoncé par des pays dont les banques, étroitement contrôlées, n'ont que très peu souffert de l'éclatement de la bulle spéculative dans l'immobilier américain.

Mais c'est un argument que les Européens ne veulent pas entendre: les Etats membres de l'UE se sont mis d'accord jeudi à Bruxelles sur le principe de cette taxe.

"Il sera très intéressant d'échanger les points de vue. L'Allemagne et la France, par exemple, sont tout à fait favorables à ce que ceux qui ont provoqué la crise soient davantage priés de passer à la caisse", affirmait la chancelière allemande Angela Merkel.

Les Etats-Unis prévoient pour leur part, à partir du budget 2010-2011, une taxe à hauteur d'"environ 0,15%" des actifs des plus grandes banques, pour leur faire rembourser le coût du sauvetage du secteur financier.

Mais Washington a semblé ces dernières semaines laisser le sujet à l'arrière-plan, et il n'est absolument pas sûr que le Congrès la reprenne à son compte.

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