Le nombre d'agences bancaires "reste astronomique"

©Joost De Bock/ID

Selon le consultant Sirius Insight, "il est tout à fait possible de réduire sensiblement le nombre d’agences bancaires tout en maintenant une bonne accessibilité" pour le client.

C’est un loooong feuilleton, encore loin de son épilogue: les banques n’en finissent pas de réduire leur réseau d’agences. La dernière annonce est celle de BNP Paribas Fortis, premier réseau du pays, qui a décidé de fermer quatre agences sur dix en trois ans. Pourquoi? En synthèse: le client gère de plus en plus ses affaires bancaires avec son smartphone, les banques poussent autant qu’elles peuvent la digitalisation de leurs produits et services et elles sont en permanence en recherche de réduction de coûts, dans un contexte rendu tendu par la faiblesse des taux d’intérêt de référence.

Dans une récente étude, le consultant Sirius Insight, branché géomarketing, a comparé les réseaux bancaires comptant en Belgique plus de 25 agences. Il en a tiré quelques conclusions peu banales.

Le marché belge compte 5.274 agences, selon les données arrêtées à février dernier. C’est 40% de moins qu’en 2010 mais leur nombre "reste astronomique", estime le consultant, rappelant au passage que la Belgique est dans le deuxième réseau bancaire le plus dense d’Europe, après l’Espagne.

Où sont localisées ces agences?

  • En Flandre, aux deux tiers (66,6%)
  • En Wallonie, pour un quart  (27,6%)
  • A Bruxelles, pour le reste (5,8%).

Cela donne une agence pour 1.900 habitants en Flandre, une pour 2.500 en Wallonie et une pour 3.900 pour Bruxelles.

1 minute
Selon les calculs de Sirius Insight, la différence entre 400 agences et 600 agences, c’est une minute de temps de trajet en plus pour 80% des ménages. "Marginal", estime le consultant.

La Flandre compte une agence pour 36 millions d’euros de revenu imposable, la Wallonie une agence pour 38 millions d’euros et Bruxelles, une agence pour 55 millions d’euros. Bref, il y a plus d’agences en Flandre et elles servent chacune moins de clients et moins de revenu qu’ailleurs dans le pays.

En étudiant la localisation des agences, Sirius Insight note que "l’ensemble des banques visent des zones avec des populations aisées".

Des différences assez nettes existent toutefois d’une banque à l’autre. Ainsi par exemple, "BNP Paribas Fortis et KBC/CBC se démarquent par un réseau d’agences qui touche systématiquement des populations avec des revenus nettement plus élevés que la moyenne nationale" alors que bpost banque (hébergée dans les bureaux de bpost) "s’installe systématiquement près d’une population plus jeune aux revenus moins élevés".

"Intenable"

400
agences
Au-delà d'un réseau bancaire de 400 agences, le gain en accessibilité pour le client est assez réduit, estime l'étude.

"Actuellement, les grandes banques s’imposent par une présence dans la plupart des localités belges, situe encore le consultant. Une stratégie qui s’avère intenable pour la rentabilité et qui, surtout, ne semble plus indispensable pour maintenir un contact régulier avec les consommateurs." Il y aurait donc moyen de "repenser son réseau d’agences".

Le bureau a en ce sens simulé l’accessibilité d’un réseau bancaire en variant sa taille: 200, 400 et 600 agences. La conclusion de l’exercice est que, au-delà de 400 agences, le gain en accessibilité pour le client est assez réduit. "Avec un réseau de 200 agences, 80% des ménages se trouvent à 11 minutes de temps de trajet (en voiture) d’une agence. Avec 400 agences, ce temps de trajet n’est plus que de 8 minutes et de 7 minutes avec 600 agences." Autrement dit, "à partir d’un certain nombre d’agences, le gain devient marginal".

Or il y a en Belgique 8 réseaux bancaires comptant plus de 400 agences. Le premier d’entre eux, BNP Paribas Fortis, vient d’annoncer une coupe drastique dans son réseau pour le ramener à… 411 d’ici fin 2021.

Dans le genre spectaculaire, ING Belgique a frappé plus fort encore fin 2016, en décidant de supprimer purement et simplement son second réseau (Record Bank). Mais la banque néerlandaise dispose encore de 650 agences chez nous.

À ce stade, il n’y a pas de grand chambardement prévu chez les autres grandes maisons, qui ont plutôt prévu de réduire progressivement leur empreinte, au fil des ans. Et il y a de la marge, si l’on en croit Sirius Insight. Un exemple: "Le réseau Belfius avec 653 agences pour une couverture de 63% des ménages à 5 minutes, pourrait établir le même score avec 550 agences, soit 100 agences de moins..."

Où est le vrai besoin?

Le consultant note aussi que "les stratégies classiques de réduction de réseaux d’agences visent essentiellement à maintenir des agences dans les villes d’une certaine taille. L’analyse comportementale des consommateurs révèle néanmoins que ces populations urbaines sont de celles qui ont le moins besoin d’un contact physique en agence".

Et d’insister: "Avec un repositionnement ‘intelligent’ des agences, il est tout à fait possible de réduire sensiblement le nombre d’agences tout en maintenant une bonne accessibilité."


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