Le patron d'ING Belgique quitte la banque

Erik Van Den Eynden quittera la banque le 30 septembre prochain. ©Photo News

Une décision personnelle, nous affirme Erik Van Den Eynden, entré il y a trente ans dans la banque. Il dément toute intervention de la maison mère néerlandaise et réfute toutes les critiques à l'encontre de la maison.

Erik Van Den Eynden, le CEO d’ING Belgique, est sur le départ, a appris L’Echo. Contacté ce lundi, l’intéressé nous confirme : "Oui, j’ai décidé de partir. C’est une décision personnelle. Cela fait 30 ans que je suis entré dans cette banque, la BBL à l’époque, c’était mon premier job. Après une carrière excitante et après 3 ans et demi comme CEO d’une banque qui a connu une transformation intense, je veux consacrer les quinze prochaines années à autre chose."

Autre chose, mais quoi ? Le banquier nous dit ne pas encore savoir. "J’imagine que ce sera à nouveau disruptif et commercial parce que c’est mon truc, mais je n’ai pas de plan. Ça viendra." Erik Van Den Eynden quittera la banque le 30 septembre prochain et sera remplacé ad interim par Hans De Munck, le directeur financier, le temps de trouver le nouveau CEO.

"Cela fait 30 ans que je suis entré dans cette banque. Je veux consacrer les quinze prochaines années à autre chose."
Erik Van Den Eynden
CEO - ING Belgique

Ce choix "personnel" cache-t-il en fait une décision prise à Amsterdam, au siège du groupe bancaire? "Non", réagit l’Anversois de 52 ans. "Le groupe voulait au contraire que je reste. C’est moi qui veux découvrir de nouveaux territoires et… have fun." Au passage, il glisse que la décision était prise "il y a quelque temps" mais que la crise du Covid-19 a retardé les choses.

Il se dit pourtant beaucoup, en externe et en interne, que le groupe néerlandais veut reprendre sa filiale belge en mains, et qu’il s’irrite du retard pris dans l’intégration informatique. Erik Van Den Eynden balaie: "Il n’y a pas de conflit avec le groupe. La plateforme digitale est développée un peu partout dans le groupe, aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, en Espagne,… Je ne vois pas de reprise en mains, au contraire: on collabore très bien. On a revu le timing, ça oui."

À l’origine, il était question d’intégrer l’IT pour 2021. "En cours de route, on a décidé de venir d’abord avec une nouvelle application et un nouveau site web, pour ne pas rester trop longtemps inactif sur le marché. Mais tous les clients particuliers belges qui utilisent le site web sont déjà sur la plateforme commune: données, produits, tout. Pour l’app, c’est en cours, par vagues. Les clients business, eux, migreront à partir de 2021."

Pas de nouveau plan social

Le CEO en partance dément par ailleurs tout nouveau plan social. Il reconnaît en revanche que la banque est devenue plus prudente en matière d’octroi de crédits, en particulier en matière de promotion immobilière.

Erik Van Den Eynden pilote ING Belgique depuis mars 2017, six mois après que son prédécesseur Rik Vandenberghe avait annoncé une restructuration d’une ampleur inédite dans le secteur bancaire belge: plus de 3.000 emplois supprimés, un job sur trois.

Depuis lors, la banque n’a pas arrêté de se transformer, au pas de course: absorption du 2e réseau Record Bank et réduction drastique du réseau, nouvelle organisation commerciale, réaffectation de plus de 5.000 employés qui ont dû repostuler en interne, changements IT poussifs nous revient-il bien que le CEO démente.

Procédures anti-blanchiment à revoir

Ce n’est pas tout. A la suite d’une amende (775 millions d’euros) écopée aux Pays-Bas en 2018, après avoir reconnu de "graves lacunes" dans ses procédures anti-blanchiment, la banque est tenue d’améliorer sa politique de conformité. "Tout le groupe y travaille, la Belgique aussi."

En effet, la Banque nationale (BNB) attend d’ING Belgique qu’elle revoie sensiblement à la hausse ses méthodes d’identification des clients et des transactions. Une échéance importante sur ce terrain est fixée en interne au 30 septembre, date du départ d’Erik Van Den Eynden. "Mais ce n’est pas pour cela que je pars."

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