Le patron d'Optima aurait floué le fisc de 25 millions d'euros

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Jeroen Piqueur, patron et fondateur d'Optima aurait omis de déclarer près de 20 millions. Argent qui lui aurait permis d'acheter son yacht. A cela s'ajoute les revenus mobiliers non déclarés sur ses comptes à l'étranger.

L'État belge estime à 25 millions d'euros les dommages qui lui ont été causés dans l'affaire de Jeroen Piqueur, l'ancien patron d'Optima Banque qui doit répondre vendredi devant le tribunal correctionnel de Gand de fraude fiscale à grande échelle, a indiqué l'avocat Dirk Martens. Ce montant pourrait toutefois encore augmenter, prévient-il.

"Nous nous sommes basés, pour fixer ce montant, sur le dossier réalisé à partir des enquêtes de l'Inspection spéciale des impôts (ISI) et il en ressort que des revenus à hauteur d'environ 22 millions d'euros n'ont pas été déclarés. Les impôts qui étaient dus sur cette somme s'élèvent à trois ou quatre millions d'euros", explique l'avocat de l'État, Dirk Martens.  

L'affaire est distincte de l'enquête judiciaire sur les pratiques d'Optima Banque et le rôle que Jeroen Piqueur aurait joué. Ici, Jeroen Piqueur, 62 ans, est poursuivi pour des faits qui se sont déroulés entre août 2007 et octobre 2013, bien avant la faillite de la banque donc.

Jeroen Piqueur n'aurait pas déclaré, selon le ministère public, un montant de 19,9 millions d'euros et aurait utilisé l'argent pour s'acheter un yacht de luxe.

Il est suspecté de ne pas avoir déclaré des revenus mobiliers sur ses comptes luxembourgeois et monégasques, lesquels étaient au nom de structures off-shore alors que Jeroen Piqueur en était le bénéficiaire.

Pour les années comptables de 2006 à 2012, les enquêteurs estiment que la fraude se monte à 1,5 million d'euros. Les comptes se trouvaient au Luxembourg et à Monaco, mais étaient aux noms de sociétés basées au Liechtenstein et dans les Îles vierges britanniques. Piqueur n'aurait pas déclaré également, selon le ministère public, l'avance d'un montant de 19,9 millions d'euros sur un bonus de liquidation d'une société off-shore. L'argent aurait été utilisé pour l'achat de son yacht Rubeccan.

Le parquet affirme que Jeroen Piqueur aurait dû, dans sa déclaration d'impôts commune avec sa compagne, faire mention de ses comptes à l'étranger. Le ministère public veut une confiscation de 2,2 millions d'euros et une interdiction d'exercer de 10 ans pour l'ancien patron d'Optima

L'Etat belge estime à 25 millions les dommages mais ne demande, pour l'instant, qu'un euro de dommages et intérêts. Selon les avocats de l'Etat, environ 22 millions d'euros de revenus n'ont pas été déclarés. Les impôts dus sur ceux-ci sont évalués entre trois et quatre millions d'euros.

L'affaire a été reportée au 17 mars.

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