Le projet d'intégration belgo-néerlandais d'ING se poursuit

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La banque est restée dans le vert au premier semestre, malgré un triplement du coût du risque. Le projet de plateforme commune pour tous les clients du Benelux a pris du retard, mais est toujours en cours.

ING Belgique résiste bien à la tempête. C’est en substance le message de sa direction après la publication de ses résultats pour le premier semestre 2020. La banque enregistre un résultat sous-jacent avant impôts de 26 millions d’euros, qui atteindrait 69 millions d’euros sans un amortissement de 43 millions d’euros.

Elle paie surtout le prix des provisions à constituer pour faire face à la crise économique. ING Belgique a ainsi mis de côté 338 millions d’euros supplémentaires pour les entreprises qui risquent de faire défaut. "Nous aurons encore des clients en difficulté prochainement",concède Hans De Munck, le CFO de l’établissement.

338
millions d'euros
ING Belgique a constitué 338 millions d'euros de provisions supplémentaires pour les potentiels défauts de crédit.

Ce triplement du coût du risque n’est pas le seul élément qui pèse sur les performances de la banque orange. La taxe bancaire, qui atteint plus de 200 millions d’euros dans son cas, est acquittée dans son intégralité en début d’année. De plus, l’enseigne a dû faire face à des coûts supplémentaires relatifs à la prévention du blanchiment, la fameuse réglementation "Know Your Customer".

"Malgré cela, nous ne sommes pas dans le rouge", se félicite Hans De Munck. Les revenus liés aux intérêts et aux commissions sont même en légère augmentation, ce qui engendre un résultat commercial plus élevé.

ING Belgique a produit quelque sept milliards d’euros de nouveaux crédits, tout en accordant parallèlement des reports de paiement d’un montant total de plus de six milliards d’euros dans le cadre des moratoires relatifs au Covid-19.

Intégration toujours en cours

Le CEO de la banque, Erik Van den Eynden, quittera son poste à la fin du mois de septembre, après une trentaine d’années au sein de l’entreprise. Certains collaborateurs y voient le signe d’une reprise en main de la Belgique par Amsterdam, ce que le patron réfute, affirmant qu’il s’agit d’une décision personnelle.

Le processus visant à trouver son remplaçant, sur lequel il ne s’exprime pas, est en cours. Si personne n’est désigné d’ici son départ, ce sera Hans De Munck qui prendra le poste de CEO ad interim.

Il est revenu sur "Unite Be+Nl", le projet d’intégration des entités belge et néerlandaise au sein d’une même plateforme technologique. "Cela reste une priorité stratégique du groupe", a-t-il fait valoir. "Nous poursuivons sa construction".

235
millions
Les clients d'ING Belgique ont utilisé l'application mobile de la banque environ 235 millions de fois au cours du premier semestre.

Il nie également que la Banque nationale a tiqué sur la gouvernance de la nouvelle structure. "Elle doit plutôt se réjouir que nous faisons en sorte de réduire nos coûts via cette plateforme pour pouvoir investir dans notre transformation numérique", a-t-il commenté, ajoutant que les régulateurs sont régulièrement tenus au courant des développements du projet.

De plus en plus numérique

Le confinement a transformé les relations des Belges avec leur banque et ING n’échappe pas à la règle. Au cours des six premiers mois de l’année, ses clients ont utilisé l’application mobile quelque 235 millions de fois, soit une augmentation de 20% par rapport à 2019, et réglé 29 millions de transactions sans contact, un quasi triplement.

La nouvelle mouture de l’app, lancée en mai, a été téléchargée plus de 400.000 fois. "Notre objectif est d’atteindre 1,3 million de téléchargements dans les prochains mois", affirme Erik Van den Eynde.

Des chiffres qui ne font que confirmer si besoin en était le virage que prend le secteur, alors que près d’un quart des agences de la banque en Belgique n’ont pas encore rouvert depuis leur fermeture pendant le confinement. "Le nombre d’agences n’est plus une question pertinente", répète Erik Van den Eynden. Des propos qui ne seront sûrement pas en mesure de rassurer les syndicats.

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