analyse

Le rachat d'Axa Banque par Crelan transformera les deux réseaux

©BELGA/BELPRESS

L’assureur français a dit "oui" à des négociations exclusives avec Crelan, qui veut lui racheter sa filiale bancaire belge. Si le deal va jusqu’au bout, il aura d’importantes conséquences pour les deux réseaux commerciaux.

Crelan s’est encore un peu plus rapproché d’Axa Banque. Jeudi en fin de journée, le conseil d’administration du groupe d’assurance français Axa a donné son feu vert à des négociations exclusives avec la banque coopérative belge, laquelle envisage de racheter sa filiale bancaire belge, Axa Banque. L’objectif est de signer le deal dans la seconde quinzaine de septembre, bien qu’Axa comme Crelan se refusent à tout commentaire à ce stade.

Le prix total du deal devrait se situer entre 500 et 800 millions d’euros, nous indique-t-on à bonnes sources et ce, en cumulant un volet en cash et un accord de distribution de produits d’assurance non-vie.

Jusqu’ici, Crelan écoulait les produits non-vie de l’assureur Fidea mais, avec la vente récente de ce dernier à Baloise Insurance (par le chinois Anbang), elle s’est retrouvée déliée de son contrat de distribution.

1.141
Cumulés, les réseaux de Crelan et d’Axa Banque comptent 1.141 agences, tenues par des indépendants. Si le deal va jusqu’au bout, il y aura forcément rationalisation.

Voilà pourquoi Crelan a inclus, dans son offre de rachat, un accord de distribution pour les produits non-vie d’Axa (en assurance-vie, la banque travaille avec Allianz). Les ventes d’assurances non-vie par Crelan représentant quelque 2% de part de marché, ce sont près de 100 millions d’euros de production annuelle à prendre pour l’assureur français.

Un appoint non négligeable pour Axa, a fortiori s’il est conclu pour plusieurs années. Axa est le leader en Belgique de l’assurance non-vie, avec 19,7% de part de marché, suivi par AG Insurance avec 16%.

En reprenant Axa Banque et son réseau (indépendant, comme le sien), Crelan doublerait de taille. Dans les prêts hypothécaires par exemple, les 7% de part de marché d’Axa et les 6% de Crelan permettent à l’ensemble de se rapprocher des quatre grandes banques, de devenir la cinquième enseigne belge devant Argenta.

Alors que les exigences réglementaires et les besoins en IT ne cessent d’augmenter, tandis que les revenus d’intérêt se tassent pour cause de taux encore et toujours au plancher, le calcul de Crelan est de gagner en taille: vendre plus et répartir les coûts sur une base plus large.

Les réseaux doublonnent

Les deux réseaux d’agents (586 pour Crelan, 555 pour Axa Banque) doublonnent largement sur le plan géographique, ce qui signifie qu’une rationalisation ne manquera pas de se produire après fusion.

"En cas de rachat d’Axa Banque par Crelan, une restructuration au niveau des agences deviendra presque inévitable", estime Albert Verlinden, le patron de BZB-Fedafin, principale association des intermédiaires financiers indépendants. "Nous sommes en contact étroit avec les directions des deux banques, nous tenons les membres informés de l’évolution de la situation et nous leur apportons le soutien nécessaire pour préserver leurs droits", ajoute-t-il.

Si le deal se fait, le nouvel ensemble réduira ce dispositif commercial de plus de 1.100 agences, d’autant plus que la banque digitale se répand comme une traînée de poudre. Crelan devrait alors viser ce que toutes les banques recherchent: des agences moins nombreuses mais plus grosses, mieux équipées notamment en compétences.

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