Le robot-conseiller arrive timidement chez les banquiers

©Vince

Le consultant Roland Berger s’est intéressé à la présence de robots-conseillers dans le monde bancaire. Encore peu présents, ils suscitent l’intérêt grandissant du secteur.

Ils arrivent. À petits pas. Encore très discrets dans le monde de la gestion financière, les robots-conseillers s’installent peu à peu sur le marché. Le cabinet de conseil Roland Berger s’est penché sur la question. Dans une récente étude, le bureau estime que les actifs gérés par des robots devraient grimper chaque année de 60% d’ici 2023 en Belgique.

Le consultant a fait les comptes, cela représenterait donc quelque 3,7 milliards d’euros d’actifs gérés par une intelligence artificielle. Une croissance forte mais qui, en volume, reste par contre encore très marginale. "Au niveau mondial, le robo-advisory représente moins d’un pourcent du marché total. Les chiffres sont comparables en Belgique", explique Frederick Van Gysegem, project manager chez Roland Berger qui a dirigé la recherche.

"Toutes les banques s’intéressent à cette solution."
Frederick Van Gysegem
fproject manager Roland Berger

Si les fonds gérés par des robots sont encore peu nombreux, selon le manager, l’intérêt pour la technologie est bien réel. "Certaines banques sont déjà plus avancées mais de manière générale, elles s’intéressent toutes à cette solution. C’est une nouvelle façon de penser la gestion qui leur permettra d’élargir leur offre", explique encore Frederick Van Gysegem.

"Encore assez méconnue, ce type de conseil n’en est qu’au début de son développement. "En moyenne, les sommes investies de cette façon tournent autour des 9.000 euros par investisseur. Ce qui est beaucoup moins que pour des portefeuilles classiques. C’est une façon de tester le produit. Le robo-advisory n’a pas encore d’historique. Les clients doivent donc encore se faire leur propre avis", explique le manager qui pointe quelques avantages dont des frais de gestion moindres et une gestion plus objective du portefeuille.

"C’est notamment ce que cherchait une partie des premiers clients qui s’y sont intéressés au début des robots-conseillers. C’était juste après la crise de 2008 où la confiance envers le système en a pris un coup", explique encore Frederick Van Gysegem.

Reste à savoir si l’intérêt pour cette nouvelle façon de penser la gestion d’actifs continuera à gagner le cœur des investisseurs. "C’est compliqué de donner des projections à long terme. Dans de nombreux domaines, comme la médecine, la robotisation était d’abord crainte. Elle est aujourd’hui de mieux en mieux acceptée. La tendance devrait donc aller dans ce sens. Mais en parallèle, on constate aussi que le tout digital qui semblait promis à plusieurs secteurs n’est plus toujours la réalité", ajoute Frederick Van Gysegem. Le robot ne va donc pas remplacer le banquier tout de suite. "On peut également imaginer une gestion combinée."

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