Les agents victimes de la nouvelle stratégie de Nagelmackers

©Dieter Telemans

L'abandon du retail au profit des clients plus fortunés a un impact direct sur les agents indépendants de Nagelmackers. La fédération des intermédiaires financiers envisage déposer plainte contre la banque.

En janvier dernier, la banque Nagelmackers, la plus vieille du pays, annonçait se reconcentrer sur les segments personal et private banking. L'enseigne, qui avait brièvement pris le nom de Delta Lloyd, a déjà changé de profil à plusieurs reprises. Actuellement détenue par le groupe chinois Anbang, elle se recentre donc sur l'investissement et vise les clients disposant d'un bas de laine de plus de 75.000 euros, tout en accélérant sa mue numérique.

La conséquence de l'abandon des services retail a été l'annonce de la suppression de quinze postes d'assistants commerciaux. Une décision qui a déjà causé un certain remous social dans l'entreprise, mais la situation s'est entretemps apaisé. La procédure Renault ne s'applique pas étant donné le nombre de licenciements, mais la direction s'est engagé à en respecter les principes. "Nous sommes actuellement dans la phase d'information", indique l'enseigne. "Nous espérons pouvoir limiter les suppressions et négocier un plan social correct via la concertation", explique Sabine Ruys (ACV Puls).

La situation est différente pour les agents indépendants qui travaillent pour Nagelmackers et qui représentent pas moins de la moitié du réseau d'agences. Le recentrage sur l'investissement est une bonne nouvelle pour les agents qui disposent déjà d'un portefeuille conséquent de clients plus ou moins fortunés, mais d'autres ont conservé une base retail héritée de l'époque Delta Lloyd. "Ceux-ci se retrouvent soudainement confrontés à une nouvelle stratégie", déplore Albert Verlinden, président de la fédération BZB-Fedafin. Un processus "déloyal" selon Carine Vansteenbrugge, directrice de l'organisation.

Abus de dépendance économique

La nouvelle orientation signifie également une réduction des commissions, tandis que les agents doivent fournir une liste des clients non premium. Ceux-ci auront accès à moins de services, mais devront payer davantage. "Les agents sont en fait mis sous pression pour se débarrasser des clients retail", dénonce Albert Verlinden.

BZB-Fedafin souhaite parvenir à un accord cadre pour le licenciement de ces agents indépendants. "Si la banque ne répond pas à nos questions, nous serons contraints de déposer plainte auprès de l'Inspection économique pour non-respect du code de conduite et auprès de l'Autorité de la concurrence pour abus de dépendance économique", indique Carine Vansteenbrugge. La situation a également été signalée au ministre socialiste de l'Économie Pierre-Yves Dermagne.

En réponse, la banque Nagelmackers indique qu'elle cherche à optimiser davantage son réseau et ses services. "Nous croyons fermement en la valeur ajoutée de nos agents indépendants", a déclaré le porte-parole Bart Beeusaert.

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