Les "Baleineaux de Londres" poursuivis aux Etats-Unis

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Deux traders de JP Morgan, travaillant avec la "Baleine de Londres", se voient poursuivis par la justice. Bruno Iksil, dit la "Baleine de Londres" a lui passé un accord amiable.

Les Etats-Unis ont engagé mercredi des poursuites pénales et civiles contre deux ex-traders de la banque JPMorgan Chase dans l'affaire dite de la "baleine de Londres", à savoir le Français Julien Grout et l'Espagnol Javier Martin-Artajo.

En revanche, Bruno Iksil, l'ex-trader français de JPMorgan Chase surnommé la "baleine de Londres" en raison de l'ampleur de ses paris dans les dérivés de crédits qui ont mal tourné, ne sera pas poursuivi en vertu d'un accord amiable avec les autorités daté du 20 juin et publié mercredi.

Les deux ex-traders sont accusés d'avoir falsifiés les comptes internes de la première banque américaine pour dissimuler 6 milliards de dollars de pertes dans les dérivés de crédits européens l'an dernier.

"De mars à mai 2012, Javier Martin-Artajo, en connaissance de cause, s'est entendu avec d'autres pour commettre des actions criminelles contre les Etats-Unis, pour falsifier des comptes et bilans" en violation des lois américaines, énonce la plainte du département américain de la Justice contre l'Espagnol.
Celle contre M. Grout est rédigée de façon similaire.

Les autorités américaines poursuivent cependant leur enquête sur l'affaire dite de la "baleine de Londres" et n'ont pas exclu mercredi que d'autres cadres dirigeants de JP Morgan Chase soient poursuivis à leur tour.
"Notre enquête n'est pas close", a indiqué le procureur fédéral de Manhattan, Preet Bharara, lors d'une conférence de presse.

Le gendarme américain de la Bourse (SEC) a parallèlement déposé une plainte au civil mercredi contre les "deux anciens employés de JPMorgan Chase pour avoir mal comptabilisé de façon frauduleuse des investissements dans un portefeuille de titres dérivés de crédits de plusieurs milliards de dollars afin de masquer des pertes qui auraient atteint des centaines de millions de dollars si ces titres avaient été comptabilisés à leur valeur de marché".

M. Iksil a collaboré à l'enquête des Etats-Unis et a "révélé au bureau du procureur fédéral de New York la participation" à "la valorisation inexacte de titres de dérivés de crédits qui étaient détenus par JPMorgan Chase entre janvier 2012 et avril 2012", d'après le texte de l'accord.

"Si M. Iksil obéit aux termes de cet accord, aucune des informations qu'il donnera ou ses dépositions ne seront retenues contre lui dans des poursuites pénales", ajoutait l'accord, signé par M. Iksil.

Les positions énormes de M. Iksil étaient devenues trop "visibles" début 2012 dans le marché opaque où les dérivés se négocient de gré à gré. Les autres traders se sont retournés contre lui, forçant la première banque américaine à brader ses positions, ce qui lui a coûté au final plus de six milliards de dollars.

Julien Grout était son subordonné dans le bureau londonien d'investissements en propre de JPMorgan, en charge de la préparation des documents internes faisant le bilan quotidien des pertes et profits des positions de son service sur les marchés.

Javier Martin-Artajo était le supérieur de M. Iksil, chargé de la stratégie de courtage du service pour lequel tous trois travaillaient depuis Londres, à savoir les investissements en propre de la banque (CIO).
Un rapport sénatorial américain publié en mars a révélé que ces bilans internes quotidiens sur les positions incriminées utilisaient des méthodes de calcul qui minimisaient les pertes encourues de plusieurs centaines de millions de dollars.

Le cabinet d'avocat de M. Martin-Artajo n'a pas fait de commentaires. Celui de M. Grout n'était pas disponible dans l'immédiat.

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