Les banques belges collaborent pour mieux lutter contre le blanchiment

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Sous la direction de Febelfin, la fédération financière belge, les banques du Royaume tentent de mettre en place un système plus efficace d'échange d'informations sur les clients. Objectif: répondre à la réglementation anti-blanchiment.

On savait un projet en préparation. Le voilà abouti. Febelfin lance un projet pilote de lutte contre le blanchiment d'argent. Concrètement, cela passe par un échange plus efficace entre banques sur les informations sur les transactions financières, dites suspectes.

Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, les banques sont tenues par la loi de scruter leurs clients et les transactions aussi attentivement que possible. Elles doivent identifier tout élément suspect lié au client ou à l'origine de ses biens.

Rassembler pour mieux gérer

Pourtant "connaître son client", le principe du KYC (Know your customer), n'est pas toujours facile à appliquer. De plus, un client X qui se rend dans une banque A le lundi est soumis à un questionnaire. S'il se rend le mardi dans une banque B, il aura droit à nouveau au même questionnaire. Il se peut aussi à chaque fois que le client doit fournir ses fiches de paie sur plusieurs années pour prouver l'origine de ses avoirs, voire être interrogé sur des transactions remontant à 20 ou 30 ans.

Le projet, pour lequel nous travaillons avec le spécialiste belge du paiement Isabel, se concentre actuellement sur les grandes entreprises.
Karel Van Eetvelt

Afin de faciliter ce processus, les banques belges travaillent à la mise en place d'un système qui rassemble et gère les informations dont elles ont besoin. Le projet de Febelfin vise surtout à rendre ce processus plus simple. 

"Le projet pilote est en cours depuis le début de cette année", déclare Karel Van Eetvelt, président de Febelfin. "Le projet, pour lequel nous travaillons avec le spécialiste belge du paiement Isabel, se concentre actuellement sur les grandes entreprises. Nous développons le cadre technologique dans lequel les banques peuvent travailler. Il n'y a pas encore eu de véritable échange de données."

Risque d'amendes

Voir les banques unies derrière ce projet n'a rien de surprenant. En cas de non-respect des règles anti-blanchiment, les sanctions sont très lourdes. Il est question de pénalités pouvant aller jusqu'à 10% de leur chiffre d'affaires.

Certaines banques ont déjà dû passer à la caisse, comme ING ou la Danoise Danske Bank, preuve que la lutte contre le blanchiment est devenue une priorité.  

10%
sanctions
Les pénalités peuvent aller jusqu'à 10% du chiffre d'affaires des banques.

Les banques investissent donc à tour de bras dans des systèmes de contrôle mieux adaptés aux exigences réglementaires. ING a annoncé le mois dernier que ses coûts en Belgique continueraient de progresser dû aux investissements élevés en matière d'analyse du client.  

Si cette phase pilote s'adresse aux clients professionnels, Febelfin espère mettre en place rapidement une initiative similaire pour l'échange de données sur les clients particuliers. "C'est encore plus complexe", dit Karel Van Eetvelt. "Non seulement en termes de technologie, mais aussi parce que les règles strictes de confidentialité doivent continuer à être respectées lors de l'échange de données."


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