Les banques belges investissent dans des mines "controversées"

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Les banques belges ont, en 5 ans, investi 34 milliards d'euros dans des exploitations minières "controversées". Johan Van Overtveldt entend rencontrer les banques incriminées et sensibiliser les autres à la problématiques.

36 milliards de dollars, soit 34 milliards d'euros, tels sont les montants investis entre 2011 et 2016 dans des exploitations minières "controversées" par des banques belges. Ces chiffres sont énoncés par les ONG 11.11.11, Broederlijk Delen et Fairfin qui dénoncent les répercussions en termes de risques écologiques, sociaux et citoyens de tels investissements.

Selon ces organisations, BNP Paribas, Deutsche Bank, ING et KBC ont notamment investi dans Glencore, Goldcorp et Newmont Minig, des entreprises spécialisées dans l'extraction de métaux et régulièrement pointées du doigt par l'OCDE pour leur impact dommageable sur l'environnement ou en matière de droit de l'homme.

Pourtant, BNP, Deutsche Bank et ING disposent d'une politique interne relative à ce type d'investissements miniers, ce qui est de nature à tromper les investisseurs. "Ils ont l'impression que les banques sont très attentives à ce sujet. Or, notre enquête prouve le contraire", ont souligné les ONG.

Argenta, Belfius, VDK Spaarbank et Triodos, elles, n'ont aucun investissement recensé dans le secteur.

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Dans ce contexte, 11.11.11, Broederlijk Delen et Fairfin demandent aux autorités belges de discuter avec les banques de leur politique d'investissements, et en particulier avec BNP Paribas Fortis, qui a investi 18,2 milliards de dollars au cours de la période étudiée et dont l'Etat est un actionnaire de poids de la maison-mère. Un appel a également été lancé à la fédération du secteur, Febelfin.

En décembre dernier, les banques étaient déjà pointées du doigt. A l'époque l'organisation PAX dénonçait les investissements dans l'armement nucléaire.

Le ministre des Finances a d'ores et déjà réagi aux nouvelles accusations en annonçant qu'il rencontrerait au plus vite les dirigeants de BNP Paribas afin de parler de ces investissements. Johan Van Overtveldt a toutefois salué l'absence de Belfius dans la liste des banques incriminées. "Elle agit comme le bon élève de la classe". Le ministre souhaite également s'entretenir avec la fédération sectorielle afin de voir "comment sensibiliser les banques à cette problématique.

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