Les banques belges louchent sur les clients de Nagelmackers

©BELGA

Après une année de changements, la banque Nagelmackers plonge dans le rouge. Rien ne dissuade toutefois les acheteurs potentiels du portefeuille clients, sous-entend Tim Rooney, son CEO.

Concurrence dévastatrice, un actionnaire chinois obligé de recentrer ses activités et les conditions difficiles de marchés, la banque belge Nagelmackers navigue en eaux troubles. Elle a ainsi vu ses bénéfices fondre et même disparaître. Ses résultats s'établissaient, en effet, en perte de 27,4 millions d'euros en 2018, contre un bénéfice de quelque 17 millions un an auparavant.

Le patron fraîchement arrivé à bord veut relativiser. "Sur le terrain opérationnel, sans tenir compte des facteurs exceptionnels, nous obtenons un résultat de 3,2 millions d'euros", explique Tim Rooney, le CEO de Nagelmackers. "J'ai travaillé chez Deutsche Bank. Je siégeais souvent en réunion avec Christian Sewing, l'actuel CEO. Quand je vois le travail colossal qu'il doit abattre, je trouve que mon job chez Nagelmackers est encore faisable."

3,2 millions
euros
Le résultat opérationnel de Naglemackers s'élève à plus de 3 millions d'euros en 2018.

Cette perte nette, il l'explique de plusieurs façons.

→ Il y a le changement de cap stratégique opéré l'an dernier et les frais qui y sont liés. "Sous mon prédécesseur, Nagelmackers avait perdu de vue la direction à prendre. Au cours des premiers mois, les employés m'interrogeaient régulièrement sur notre stratégie devenue totalement obscure."

Le CEO précédent, Dashu Zu, avait la volonté de faire de Nagelmackers une banque universelle, pourvue de différents services financiers. "Avec notre taille, il nous est impossible de concurrencer les quatre grandes banques." L'an dernier, Naglemackers est donc retourné à son ADN de banquier privé, des services aux clients fortunés et de gestionnaire d'actifs.

→ L'enseigne a réduit son effectif. Nagelmackers a revu son effectif, écartant les salariés "non performants". Une partie du personnel a aussi pu profiter de départs anticipés. "Je prévois que l'effectif diminuera encore dans les mois à venir via cet arrangement de départs anticipés."  

La réorganisation du réseau: Tim Rooney indique qu'une dizaine de petites agences ont été fermées sans pertes d'emplois. "Nous évaluons constamment notre réseau. Je ne peux toutefois pas garantir que les futures fermetures d'agences ne s'effectueront pas sans un impact sur l'emploi."

Je ne peux toutefois pas garantir que les futures fermetures d'agences ne s'effectueront pas sans un impact sur l'emploi.
Tim Rooney
CEO de Nagelmackers


L'atout de Nagelmackers? Ses clients

Reste une question, quel sera l'avenir de la banque? Désormais dans les mains de l'État chinois, l'actionnaire Anbang a en effet vendu Fidea, l'assureur belge qu'il détenait à la Baloise. Entend-il garder les rênes de la banque?

Le Britannique Tim Rooney est monté à bord de Nagelmackers il y a un an. ©Dieter Telemans

"Assainir la banque pour la vendre n'est pas la mission que j'ai reçue." À son arrivée il y a un an, Rooney a été chargé de redresser la rentabilité et de remettre la banque sur les rails. Il affirme recueillir aujourd'hui les premiers résultats de cette stratégie. Le premier trimestre de cette année est jugé solide, le deuxième un peu moins, influencé par les circonstances de marché. "Nous restons convaincus que nous renouerons cette année avec les bénéfices", affirme-t-il. 

Interrogé sur d'éventuelles marques d'intérêts d'autres banques, Tim Rooney affirme avoir déjà été contacté par des patrons bancaires sur une éventuelle cession du portefeuille clients; "notre joyau", précise-t-il. "C'est une différence avec l'époque où j'étais chez Deutsche Bank. Nous avions alors d'étroits contacts avec le monde extérieur. En Belgique, c'est différent. C'est un petit marché où tout le monde se connaît. On parle donc continuellement avec tout le monde." 


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