Les banques belges nouent de plus en plus de partenariats avec des tiers

Les banques ont noué de nombreux partenariats avec des acteurs de la mobilité, dont les fonctionnalités sont intégrées dans leurs applications mobiles. ©Hollandse Hoogte / Sabine Joosten

Le "beyond banking" prend son envol en Belgique, avec de nombreux partenariats conclus dans les domaines de la mobilité, notamment.

Les banques belges sont passées à la vitesse supérieure dans leur quête de partenariats, selon la dernière analyse en la matière du bureau de consultance PwC publiée jeudi. Les grandes banques universelles, en particulier, créent ainsi activement des écosystèmes numériques en élargissant leur offre de services dans le domaine non financier. Une tendance qui devrait encore se développer et qui est susceptible de transformer radicalement le secteur, selon PwC.

38
partenariats
Entre janvier et novembre 2020, les banques belges ont conclu 38 nouveaux partenariats, soit davantage que sur toute l'année 2019.

Les partenariats bancaires annoncés publiquement depuis 2018 ont augmenté significativement. Entre janvier et novembre 2020, leur nombre (38) était ainsi déjà supérieur à celui de 2019 (37) et pourrait même dépasser celui de 2018 (43) pour atteindre un nouveau record.

L'essor en la matière est principalement le fait des banques universelles, celles de niche présentant, quant à elles, un bilan plus stable, analyse PwC, qui a passé à la loupe 26 institutions bancaires en Belgique.

Elargir la clientèle

Six partenariats identifiés sur 10 visaient à améliorer ou à augmenter les produits proposés aux clients, à élargir la clientèle ou à accroître les bénéfices réalisés par les clients existants. La deuxième raison la plus fréquente pour laquelle les banques collaborent avec des tiers est la possibilité d'accès à la technologie du partenaire (20%).

"Le logement, les soins de santé, l'alimentation, la mobilité et l'éducation représentent l'essentiel des dépenses des consommateurs. Or, ces marchés sont aujourd'hui encore relativement hors ligne."
Gregory Joos
PwC Belgique

Les banques s'éloignent en outre de plus en plus des services bancaires traditionnels pour mettre l'accent sur l'ajout de services non financiers dans leur offre, ce qu'elles appellent une approche 'beyond banking'.

Les solutions de mobilité sont le premier segment de marché qu'elles explorent (avec notamment le stationnement, les billets de train/avion, les locations), en plus du logement, de l'efficacité financière, de l'entrepreneuriat et des réductions de prix.

"Le logement, les soins de santé, l'alimentation, la mobilité et l'éducation représentent l'essentiel des dépenses des consommateurs. Or, ces marchés sont aujourd'hui encore relativement hors ligne. En intégrant certains d'entre eux dans leurs plateformes, les banques sont bien placées pour diversifier leurs revenus à mesure que ces marchés se numérisent, mais ces éléments renforcent également leur valeur ajoutée pour la société", commente Gregory Joos, associé chez PwC Belgique.

Mobilité et cashback

KBC et Belfius font office de figures de proue dans ce domaine. La première a noué des accords avec De Lijn, la SNCB, la Stib ou encore le VAB en matière de mobilité. Kinepolis, la Pro League de football ou Q8 figurent parmi ses autres partenaires. La seconde est notamment liée à Europ Assitance, Immovlan ou Jaimy, en attendant plus de détails sur son partenariat avec Proximus au sein de Banx.

ING et BNP Paribas Fortis ne sont pas en reste. La banque orange propose son service ING+ deals par lequel ses clients peuvent obtenir des réductions et des cashbacks dans de nombreux commerces et fournisseurs de services, tandis que BNP Paribas Fortis propose aussi des solutions de mobilité, notamment via Touring.

Guichet unique

"Si elles veulent poursuivre leur expansion, elles rencontreront inévitablement des secteurs où elles n'ont pas la légitimité nécessaire pour assumer le rôle central."
Gregory Joos
PwC Belgique

D'après les 200 partenariats identifiés à partir d'informations publiques et conclus entre janvier 2013 et novembre 2020, les banques assument le rôle central dans la majorité d'entre eux, tirant parti de leur position dominante dans l'économie belge.

Les annonces publiques où elles intègrent leurs services bancaires dans d'autres plateformes sont pratiquement inexistantes, note le bureau de consultance. "Si elles veulent poursuivre leur expansion, elles rencontreront inévitablement des secteurs où elles n'ont pas la légitimité nécessaire pour assumer le rôle central", estime Gregory Joos. PwC s'attend donc à ce que les banques commencent à participer activement à l'écosystème, en intégrant leurs propres produits directement dans des plateformes tierces.

Au lieu d'avoir à naviguer entre différents secteurs, le client sera de plus en plus servi au sein d'une économie gérée par des guichets uniques, qui transcendent les secteurs, prédit le bureau de consultance.

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